«Des médias américains déforment le conflit syrien et minimisent l’importance du Front Al-Nosra»

«Des médias américains déforment le conflit syrien et minimisent l’importance du Front Al-Nosra» © Ammar Abdullah Source: Reuters
Alep

Les médias américains déforment la nature du conflit en Syrie en le présentant d’une telle manière que le rôle du Front Fateh al-Cham, anciennement nommé al-Nosra, a été minimisé, a confié à RT America le journaliste d'investigation Gareth Porter.

Depuis un an et demi, le massacre en Syrie implique de nombreux intervenants, la Russie et les Etats-Unis, deux superpuissances, jouent un rôle dans cette guerre civile. Alors que les médias de masse critiquent l’implication de la Russie dans le conflit syrien, ils ont fermé les yeux sur l’implication américaine dans les campagnes de bombardement à Gaza, en Irak et au Yémen, selon Gareth Porter.

RT : En quoi les médias américains déforment-ils le cours des événements qui ont eu lieu en Syrie ?

Gareth Porter (G. P.) :  Le plus grand problème de la couverture médiatique du conflit syrien, depuis le début de la campagne de bombardements russe en 2015, a été que les médias américains ont décrit la situation d'une manière qui a vraiment minimisé, si ce n'est pas caché, l’importance centrale de la branche syrienne d’Al-Qaïda, le Front Al-Nosra. Cela a déformé la nature du conflit en donnant l'impression que les Russes et les Syriens étaient d’un côté et que, de l'autre, se trouvaient les «combattants de la résistance légitime». Mais au cours des deux ou trois derniers mois, le problème principal est que New York Times, le Washington Post, le Wall Street Journal et d’autres medias ont vraiment présenté la campagne de bombardements sur l’est d’Alep par les Russes et les Syriens comme quelque chose qui s'est fait sans discernement.

Mais quand je dis ça, cela veut dire que ce conflit est différent des guerres civiles qui ont été menées au cours des 15 dernières années. Qu'il s'agisse de l'invasion américaine en Irak ou de la campagne de bombardements israéliens qui a commencé à Dahieh, une banlieue de Beyrouth en 2006. Si nous regardons les particularités de ces autres guerres et du bombardement de l’est d’Alep, ils sont beaucoup plus similaires que différents.

RT : Le Front Al-Nosra est vu comme une partie d’Al-Qaïda, comme vous l’avez écrit dans vos articles. S’ils bloquent l’évacuation des civils, c’est un crime de guerre. Les Etats-Unis soutiennent le Front Al-Nosra. Pourriez-vous dire dans ce cas-là que les Etats-Unis sont complices de crimes de guerre ?

GP : Je ne voudrais pas déclarer de façon catégorique que les Etats-Unis soutiennent le Front Al-Nosra. C’est plus compliqué que cela. Mais concrètement, en suivant les signaux de l'administration Obama, les médias américains couvrent les événements en faveur du Front Al-Nosra. Et c’est parce que la politique américaine va de pair avec le soutien octroyé par l'Arabie saoudite, la Turquie, le Qatar au Front Al-Nosra pour en faire la principale force d'opposition à Bachar el-Assad. Cela nous ramène à la question de savoir si les Etats-Unis entendent se distancier d'une stratégie s'appuyant principalement sur le Front Al-Nosra dans le futur. On ne sait pas encore comment les choses évolueront.

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