Migrants : «Le gouvernement fait preuve d’une fausse générosité»

Migrants : «Le gouvernement fait preuve d’une fausse générosit黩 Charles Platiau Source: Reuters
Le campement de migrants à Paris

Le gouvernement français doit renvoyer tous les migrants illégaux dans leurs pays, car la France n’est pas à même de loger et de donner du travail à tout le monde, estime le secrétaire général adjoint de Debout la France Laurent Jacobelli.

RT : Pensez-vous que les autorités parisiennes ont choisi la bonne manière pour expulser les migrants du centre de Paris ?

Laurent Jacobelli (L. J.) : Bien sûr que non. Si vous passez au crible la situation, vous comprenez que, quand tous les migrants quittent le camp, ils y reviennent quelques minutes plus tard. En fait, les bonnes mesures n’ont pas à être prises par Paris ou une autre ville de France. Le problème est que c’est notre gouvernement qui ne prend pas les bonnes mesures. Et nous voyons dans chaque petite ville, chaque village ainsi que chaque grande ville, que les gens partis de Calais dans le Nord de la France reviennent dans le centre des villes. Nous sommes face à une situation très difficile pour la population. De toute évidence, Paris ne prend pas les bonnes mesures, mais le gouvernement français ne réagit pas comme il devrait réagir.

Si quelqu’un pénètre sur le territoire français illégalement, il doit être renvoyé dans son pays

RT : Selon vous, quelle serait la stratégie à adopter pour faire face à la crise des réfugiés dans la région ?

L. J. : C’est très simple. Nous parlons de réfugiés, mais la plupart des gens concernés ne sont pas des réfugiés. Ce sont des migrants illégaux pour la plupart. Et la loi française est très claire. Si quelqu’un pénètre sur le territoire français illégalement, il doit être renvoyé dans son pays. Il n’a pas à rester en France. Il faut traiter le cas des réfugiés au cas par cas. Mais les autres doivent partir. Voilà la bonne solution. Prendre des migrants à un endroit de France pour les envoyer dans un autre n’est pas la solution. Vous vous bornez à transférer le problème ailleurs. Mais vous ne réglez pas le problème.

Nous ne sommes plus en mesure d’accueillir tous les pauvres du monde

RT : Le gouvernement se borne donc à disséminer les migrants dans le reste de la France ?

L. J. : Oui, c’est qui se passe. Le gouvernement nous a dit : «N’ayez pas peur ! Nous réglerons le problème à Calais.» Mais ils ne le font pas. Ils se contentent de diviser le problème par 1 000, en installant des petits camps, «des petits Calais», partout en France. Mais cela ne règle pas la question. Cela rend la vie des migrants et de la population française insupportable. Nous devons trouver d’autres solutions. Quelles sont ces solutions ? Tout d’abord, nous devons contrôler nos frontières. Nous devons choisir qui peut entrer en France et qui ne peut pas. Avec l’Union européenne, les frontières françaises ne sont pas contrôlées. Donc, n’importe qui peut entrer en France et s’installer ici. Voilà le premier point. Le deuxième point est que nous devons aider les pays africains à se développer pour que les populations puissent vivre dans leur propre pays sans chercher à quitter ces pays. Parce que nous ne sommes plus en mesure d’accueillir tous les pauvres du monde. Nous ne disposons pas d’assez d’emplois pour nous-mêmes, citoyens français. Nous n’avons pas assez d’appartements pour loger tous les citoyens français. Comment pouvons-nous assurer la bonne vie de nouveaux migrants ? Nous ne pouvons le faire. La situation est insupportable. Notre gouvernement doit réagir rapidement.

RT : Le gouvernement français doit tout de même faire face à un certain nombre d’engagements internationaux. Peut-il vraiment renvoyer les migrants vers leurs pays d’origine ?

L. J. : Cela dépend. Il y a deux catégories de migrants. Le premier groupe peut être accueilli en France, parce qu’ils font l’objet de poursuites dans leur propre pays. C’est clair. Nous respecterons cette loi internationale et nous accueillerons ces gens. Mais croyez-moi, c’est une très petite partie de tous les migrants dont nous parlons. La deuxième catégorie est composée de migrants économiques ou de gens pauvres qui essaient de trouver une vie meilleure dans notre pays. Pour cette catégorie, notre loi est très claire. Si quelqu’un a pénétré sur le territoire français illégalement et qu’il n’est pas réfugié, nous devons le renvoyer dans son propre pays. Nous avons une législation claire. Notre gouvernement doit la faire respecter.

Certaines personnes, surtout dans notre gouvernement, font preuve d’une fausse générosité

RT : Y a-t-il un consensus au sein de la société quant à l'accueil des migrants ?

L. J. : Il y a deux catégories de gens. Il y a des gens qui vivent très loin des camps et qui disent : «Nous devons accueillir tout le monde en France.» Et il y a des gens qui habitent près des camps et voient la réalité en matière de santé, de sécurité, etc. Je pense que nous devons être clairs avec les gens. La question n’est pas d’être généreux ou non. Ce n’est pas de la générosité. Faire croire cela aux gens ne rend pas la vie meilleure en France. C’est un mensonge. Nous les poussons ainsi dans les situations difficiles. Il faut leur rendre la vie meilleure dans leurs propres pays. Ils seront heureux dans leur pays. Les citoyens français vivront en sécurité et tout sera pour le mieux. Certaines personnes, surtout dans notre gouvernement, font preuve d’une fausse générosité.  

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