Elite politique de Washington : «Une bande de petits enfants mesquins et traîtres»

Colin Powell et Hillary Clinton© Jonathan Ernst Source: Reuters
Colin Powell et Hillary Clinton

Les relations entre Hillary Clinton et Barack Obama seraient tendues - et ce n'est que l'une des choses que nous montrent les mails divulgués de Colin Powell. L'éditorialiste Ted Rall décrypte la situation.

La course à la Maison Blanche d'Hillary Clinton a rencontré un obstacle inattendu en la personne d'une personne qui se dit être un ami proche.

Une mine de courriels de l'ancien secrétaire d'Etat Colin Powell divulgués récemment dresse un portrait accablant de la candidate démocrate à la présidence américaine.

RT : «Une personne de 70 ans... à l'ambition effrénée, avide... un mari encore en train de se taper des petites connes» – ce n’est pas le genre de discours que l'on peut attendre de la part d’un ancien Secrétaire d'Etat se référant à un autre haut responsable. Cela vous étonne que l'un des amis des Clinton la décrive de cette façon ? Pensez-vous que le contenu de ces e-mails reflètent ce que pense véritablement Powell ?

La façon dont les gens agissaient en public et devant les caméras n’ést en rien proche de la façon dont ils se comportent dans la vraie vie

Ted Rall (T. R.) : Si vous suivez ce qui se passe à Washington, vous avez probablement compris que la façon dont les gens agissaient en public et devant les caméras n’étaient en rien proche de la façon dont ils se comportent dans la vraie vie. Dans le monde réel, l'élite politique de Washington, ce n'est qu'une bande de petits enfants mesquins et traitres. Et ils s'expliquent les uns entre les autres et tout comme le reste d'entre nous, ils aiment les ragots et... ils sont passionnés par leur travail.

 Il n’est pas le seul à avoir remarqué que la fée du charme semble avoir rendu visite à son mari, mais jamais à elle

Pour moi, le contenu des courriels piratés de Colin Powell n’est pas du tout surprenant. J’aurais souhaité que Colin Powell ait été comme ça vers 2003, à la place de ce [Powell] que nous avons vu à l'ONU tenir un faux flacon d'anthrax nous poussant à aller à la guerre alors qu’il savait qu'il mentait. Je suppose qu'il est en vérité au moins un allié politique d'Hillary Clinton – comme le savent tous ceux qui ont des amis qui sont ennuyeux parfois – et il peut même être ami avec elle, mais aussi frustré par la pauvreté de ses aptitudes à mener campagne. Il n’est pas le seul à avoir remarqué que la fée du charme semble avoir rendu visite à son mari, mais jamais à elle...

RT : Certains diront que fouiller dans ces courriels privés n’est pas tout à fait éthique. Que pensez-vous de cela ? Ce genre de fuites n’aide-t-il pas à mettre un peu de sel dans les élections ?

T. R.  : Pirater les e-mails privés des gens est tout à fait contraire à l'éthique. Je ne voudrais pas que cela se produise avec moi. Vous ne voudriez pas que cela se produise avec vous. Ce que ces pirates ont fait ne m'enchante pas du tout. J'aurais préféré qu'ils ne le fassent pas.

Aux Etats-Unis, l'idée que tous les pirates sont des pirates informatiques russes est quelque chose qui remonte à, au moins, la fin des années 199

Une fois que ces choses ont eu lieu, d’un point de vue informationnel, les agences de presse ont certainement le droit de s'en servir. Ils ne font que rendre les choses plus intéressantes et ils nous donnent certainement matière à débattre. Mais pour être plus précis, cela nous donne un aperçu de ce qui se passe à l'intérieur. Car si nous, en tant que citoyens ordinaires, observons le processus politique américain de cette façon et avons un certain avis sur la Secrétaire Clinton qui, il se trouve, est partagé par les gens qui la connaissent bien, cela a tendance à valider nos opinions.

RT : Qui devons-nous remercier pour ces fuites ? Il semble que les médias principaux ont le doigt pointé directement vers la Russie. En quoi cette attitude est-elle justifiée ?

T. R. : Je pense qu’aux Etats-Unis, l'idée que tous les pirates sont des pirates informatiques russes est quelque chose qui remonte à, au moins, la fin des années 1990, et cela n'a jamais vraiment disparu. Et certainement, ce discours à l'encontre du président Vladimir Poutine a été intensifié depuis le différend concernant la Crimée et l'Ukraine. Mais aucune preuve n'a été présentée indiquant un quelconque responsable. Ce peut être n'importe qui.

Lire aussi : «Pourquoi Hillary Clinton utilise la Russie comme un punching ball dans sa campagne électorale ?»

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