La position de l’Occident à l’égard du rattachement de la Crimée est injuste, et le bon sens finira par l’emporter, estime Christian Vanneste, député honoraire du Nord et Président du RPF.
RT : Comment l’attitude des pays européens a-t-elle changé envers le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie ? On a pu voir nombre membres des milieux politico-médiatiques appeler cela une «annexion». Est-ce toujours le cas ?
Christian Vanneste (C.V.) : Je pense que progressivement les Européens, et le peuple notamment, se sont rendus compte qu’en réalité la Russie avait raison sur plusieurs sujets. Tout le monde se rend compte que la solution proposée par la Russie pour résoudre la crise en Ukraine – c’est-à-dire, sa fédéralisation, le fait d’accepter le fait que l’Ukraine est diverse, qu’elle appartient aussi davantage à la culture russe que à la culture de l’Europe Occidentale – était raisonnable. Donc on a compris qu’en soutenant la prétendue révolution ukrainienne on avait crée d’inutiles difficultés, qui gênent les relations essentielles entre la Russie et l’Europe.
De quoi les Américains viennent-ils se mêler ?
La Russie dispose de matières premières, l’Europe a des produits industriels ou agricoles. Et l’échange ne fonctionne plus, uniquement à cause d’un problème politique absurde déclenché en réalité par l’impérialisme américain. Uniquement par cela. Et de quoi les Américains viennent-ils se mêler ? L’Ukraine – ça ne les concerne pas, c’est très loin de chez eux. Ils se sont intéressés au Kosovo, ils s’intéressent à la Crimée. Au Kosovo, c’était pour donner raison aux uns et en Crimée, c’est pour donner tort aux autres... sur un seul et même sujet ! Il en va de même pour la Syrie, où l’intervention russe a été au départ regardée d’un très mauvais œil. Puis, brusquement, on s’est rendu compte que Bachar el-Assad représentait la possibilité de restaurer l’ordre et que les Russes aidaient, par exemple, les chrétiens d’Orient alors que les Français donnaient des armes aux djihadistes qui viennent en retour faire des attentats sur leur territoire. Petit à petit, on sent une progression de l’opinion en faveur de la Russie.
La Crimée n’a jamais été ukrainienne
RT : Bientôt sera fêté l’anniversaire du rattachement de la Crimée à la Russie. Les pays occidentaux vont-ils reconnaître un jour le résultat du référendum, ou ce déni est-il appelé à perdurer ?
C.V. : Je suis persuadé que la réunion de la Crimée et de la Russie finira par être acceptée. C’est tout simplement le bon sens. La Crimée a été réunie à l’Ukraine en 1954 par la volonté de Khrouchtchev – elle n’était pas ukrainienne, elle était russe. Tant que c’était à l’intérieur de l’URSS, cela n’avait pas beaucoup d’importance. Mais, à partir du moment où l’Ukraine est devenue indépendante, la Crimée n’était plus ukrainienne. En outre s’y trouvait la base navale de Sébastopol, essentielle pour la Russie. Les gens de Crimée parlent russe, ils ne parlent pas ukrainien. D’ailleurs, la plupart des Ukrainiens parlent russe, il n’y a que dans l’Ouest que l’on parle vraiment ukrainien. Je pense donc que, petit à petit, la désinformation que nous avons subie en raison, notamment, de la volonté américaine va disparaître. Et, elle va disparaître d’autant mieux que l’inégalité de traitement entre la Crimée et le Kosovo va apparaître. Pourquoi a-t-on donné tort au peuple de Crimée et a-t-on donné raison au peuple du Kosovo, alors qu’historiquement la Crimée n’a jamais été ukrainienne que le Kosovo en revanche était bel et bien serbe. La position est vraiment fausse, injuste, petit à petit je pense que le bon sens va l’emporter.
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