Le bipartisme en France a vécu : maintenant, c’est au tripartisme (VIDEO)

Journaliste à France Inter, Christian Chesnot nous livre son avis d’expert sur le premier tour des élections départementales en France dans une interview exclusive accordée à RT.

La plus grande progression aux élections départementales a été réalisée par le  : faire 26% sur une élection locale où il était complètement absent ces dernières années est une vraie percée. En même temps Nicolas Sarkozy et son parti l’UMP sortent aussi gagnants de cette élection. Marine Le Pen n’a pas le monopole de la victoire. Dans le camps des perdants, les socialistes gardent la tête haute, affirmant que leur défait est beaucoup moins écrasante que ne le prédisaient les sondages. Les grands perdants sont les écologistes écologistes qui sont quasiment éliminés de la scène politique. Le Front de Gauche qui ne pèse que 6%, a également du mal à rester visible. Il ressort du résultats des élections que la France est à 60% à droite et à 40% à gauche.

Globalement, quand on regarde la carte de , on voit que le PS recule partout, l’UMP conquiert des régions et des départements, et que le FN fait une entrée fracassante sur la scène locale, se débarrassant de la casquette de parti de protestation au niveau national. C’est maintenant un parti qui s’enracine dans les régions et dans les communes, voilà la grande nouveauté. Il est devenu la troisième, si ce n’est la deuxième force politique du pays. Le bipartisme entre le PS et l’UMP a vécu : maintenant, c’est au tripartisme. La vie politique va désormais être plus compliquée à gérer parce qu’on est trois.

Dans le contexte des succès électoraux de l’UMP et de la droite en général, l’UMP a désormais deux solutions pour gagner les présidentielles et les législatives dans deux ans : soit faire une alliance avec le centre, ce qui est notamment la position d’Alain Juppé, soit chasser sur les terres du FN. La décision sur l’allié à choisir partage actuellement le parti. Certains croient qu’il ne faut pas s’allier avec le FN pour des raisons de morale, de valeurs et parce que c’est contreproductif : selon eux, il vaut mieux s’allier avec le centre de François Bayrou ou autres.

Dans l’autre camp au parti de , on estime que la force de frappe du FN est telle qu’on ne peut pas faire l’économie d’une forme d’accord ou d’alliance, tout du moins avec les électeurs. Sur fond d’une telle division, l’UMP a choisi la formule un peu molle du «ni-ni» , ni le PS, ni le FN, car ce choix est un vrai problème.

Globalement, les élections sont quasiment jouées, aucun bouleversement majeur n’est attendu. Le PS ne peut pas rattraper son retard, la dynamique du FN va continuer et l’UMP, au final, raflera la majorité des sièges dans les conseils départementaux.

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