Irak : l’EI détruit les vestiges d’Hatra, ville âgée de 2 000 ans

Ancienne cité détruite de Hatra Vivienne Sharp / Heritage Images
Ancienne cité détruite de Hatra Vivienne Sharp / Heritage Images

L’EI ne laisse rien sur son passage, pas même des ruines. Comme informent les autorités irakiennes, les forcenés ont démoli les vestiges de la ville antique d’Hatra au nord du pays, triste performance qui fait suite à la démolition de Nimroud.

Les employés du ministère irakien du Tourisme et des Antiquités ont rapporté que le site d’Hatra, qui faisait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987, a été détruit samedi. C’est ce qu’un fonctionnaire du ministère a dit à Reuters sans donner de renseignements plus précis sur l’ampleur des dégâts, ces derniers étant difficiles à évaluer en l’absence d’images de la démolition.

Cependant, un autochtone a fait savoir à Reuters qu’une puissante explosion avait retenti au matin de samedi et a rapporté les récits d’autres habitants qui auraient vu les combattants de l’Etat islamique démolir méthodiquement les plus grandes constructions et en raser d’autres.

Les artefacts auraient été saisis jeudi préalablement à la démolition de la ville qui a commencé samedi, a dit Saïd Mamouzini, responsable kurde de Mossoul à l’Associated Press.

Les vestiges des temples et fortifications massives d’Hatra dataient de l’époque entre le premier siècle av. J-C et le second siècle apr. J.-C. La ville fondée au temps de l’empire des Séleucides, un grand Etat hellénistique, s’étendait sur environ deux kilomètres de diamètre. Hatra est située à environ 110 kilomètres de Mossoul, qui est actuellement la plus grande ville sous le contrôle de l’Etat islamique (EI).

Plus tôt cette semaine, les combattants de l’EI ont démoli les vestiges de la ville assyrienne de Nimroud située à proximité. L’interprétation radicale de l’islam sunnite est derrière le vandalisme des terroristes qui contrôlent des larges portions de l’Irak et de la  et considèrent que tous les symboles relatifs à l’idolâtrie doivent être entièrement éliminés.

L’action a provoqué une réaction immédiate de l’UNESCO. «Nous ne pouvons pas garder le silence. La destruction délibérée de l’héritage constitue un crime de guerre», a déclaré la directrice générale de l’UNESCO Irina Bokova. «J’appelle tous les dirigeants politiques et religieux dans la région à se lever et rappeler au monde entier qu’il n’y a pas de justification politique ou religieuse à la destruction de l’héritage culturel de l’humanité».

Une vidéo diffusée il y a une semaine par l'organisation terroriste met en scène les combattants saccageant avec rage le musée de Mossoul et mettant en pièces des statues et des objets d'art assyriens et helléniques d’une valeur inestimable qui dataient du septième siècle av. J-C.

Selon le ministère des Antiquités, l’échec à empêcher cette barbarie est dû l’absence d’une réaction internationale prompte aux raids de l’EI sur les sites historiques.

«Le retard dans le soutien international à  a encouragé les terroristes à commettre un nouveau crime : le vol et la démolition des vestiges de la ville d’Hatra», a-t-on dit au ministère dans une déclaration citée par Reuters.

En février, les djihadistes avaient fait sauter la bibliothèque publique de Mossoul à l'aide de bombes de fabrication artisanale. Le mois d'avant, les combattants avaient confisqué tous les livres de la bibliothèque centrale de Mossoul sauf les textes islamiques. En juillet dernier, ils ont détruit la tombe du prophète Jonah qui se trouvait dans la même ville.

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