Washington augmente son budget de contre-propagande et réfléchit à un soutien pour l’Ukraine

La Sous-secrétaire d'Etat Victoria Nuland© Alexander Maksimenko Source: RIA NOVOSTI
La Sous-secrétaire d'Etat Victoria Nuland

Washington et ses alliés de l’OTAN ont déjà dépensé plus de 100 millions d’euros pour «l’assistance à la sécurité» de l’Ukraine et envisagent d’accroître leur «aide létale», a déclaré une célèbre diplomate américaine dans une diatribe antirusse.

«Au cours des 14 derniers mois, nous avons distribué 107 millions d’euros pour le soutien de la sécurité» aux autorités de , a déclaré mercredi devant le comité des Affaires étrangères du Congrès la sous-secrétaire d'Etat Victoria Nuland. En plus de l’entraînement, ce soutien comporte des systèmes de défense dernier cri tels que des radars et des équipements de communication.

«L’ensemble des 28 alliés de l’OTAN ont fourni une forme d’assistance à la sécurité de l’Ukraine», a affirmé la sous-secrétaire d’Etat.

Lors de sa visite en Hongrie à la mi-février, le président russe Vladimir Poutine a annoncé aux journalistes que l’Occident avait fourni des armes à Kiev, mais il a souligné qu’il restait optimiste sur le cessez-le-feu conclu à Minsk le 12 février. Jen Psaki, la porte-parole du Département avait qualifié ces déclarations de «fausses ».

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Mais selon Victoria Nuland, les Etats-Unis «apportent une quantité considérable d’aide non-létale à la sécurité, des armes défensives, aux Ukrainiens. La question qui se pose est de savoir si on doit augmenter le degré de létalité, avec quels types de systèmes».

Interrogée sur la possibilité que Washington donne de l’argent à l’Ukraine pour qu’elle puisse acheter des armes, Victoria Nuland a répondu que le gouvernement à Kiev avait eu «beaucoup de difficultés» à inciter des pays à lui vendre des armes «sans que les Etats-Unis ne le fassent». Cependant, elle n’a pas pu dire si la Maison Blanche allait décider de fournir des armes à Kiev, ni quand.

Washington augmente son budget de «contre-propagande»

Dans l’intervalle, les Etats-Unis ont redoublé d’efforts pour leur campagne d'information qui, selon Victoria Nuland, a pour but de «répondre aux mensonges par la vérité». Washington va dépenser près de 21 millions d’euros pour diffuser des programmes en russe en 2015, une augmentation de 49% en comparaison de l'année dernière, et de plus de 100% par rapport à 2013.

De plus, la sous-secrétaire d'Etat pour l'Europe et l'Eurasie a parlé de ses demandes de financement à hauteur de «plus de 18 millions d’euros pour l’assistance à l’étranger et la diplomatie publique».

Cela va concerner «l’entraînement» des journalistes russophones, «le soutien» pour les observateurs de la société civile et les médias indépendants, et «les programmes d’échange» pour les étudiants et les entrepreneurs, a expliqué la sous-secrétaire d’Etat.

En même temps, Victoria Nuland a prétendu que la  utilisait de «l’argent douteux et sale» pour financer de «fausses ONG» en Europe et des candidats politiques «avec les fonds du Kremlin».

Victoria Nuland a aussi essayé de gagner sur les deux tableaux en affirmant dans son intervention, que «la campagne de propagande malveillante du Kremlin» «empoisonne les esprits…à travers toute l’Europe», tout en reconnaissant dans le même temps l’existence d’«une vive opposition publique» contre les médias russes en Europe et contre RT aux Etats-Unis parce que «les gens veulent la vérité et non pas les fabrications du Kremlin».

Les effort des Etats-Unis dans leur campagne d’«information véridique» semble produire des effets, surtout au Capitole. Le député Eliot Engel a récemment mentionné un sujet de Radio Free Europe (RFE) présentant comme un fait incontestable les déclarations du général de l’armée américaine Ben Hodges. Ce dernier a prétendu que 12 000 soldats russes étaient présents sur le territoire ukrainien. Il faut dire que RFE n’est qu’une petite partie du service international de diffusion du gouvernement américain.

Discours de haine, pas de preuves

La sous-secrétaire d’Etat n’a pas pris la peine d’étayer par des preuves ses déclarations péremptoires et sa ferme rhétorique antirusse. A un moment donné, elle a apparemment créé sa propre spéculation propagandiste en réunissant différentes déclarations en une phrase très longue et vraisemblablement destinée à donner l’impression que la Russie était responsable de tout ce qui se passe en Ukraine.

«Dans l’Est ukrainien, la Russie et ces marionnettes de séparatistes ont déclenché des violences et des pillages atroces ; des centaines et des centaines d’armes lourdes et de soldats russes déferlent sur le territoire ukrainien à travers la frontière ; un avion civil a été abattu cet été ; l’aéroport de  a été anéanti», s’est exclamée Victoria Nuland.

Ces propos impliquent que des «centaines» de chars et d’autres matériels militaires russes sont entrés sur le territoire ukrainien pour soutenir les milices populaires à Donetsk et à Lougansk, des affirmations qui n’ont pas encore été prouvées ni par Washington, ni par ses alliés.

En décembre 2014, les américains ont présenté des photos de prétendus blindés russes en Ukraine mais il s’est avéré que si les chars étaient bien russes, les photos, elles, avaient été prises en Ossétie du Sud en 2008.

Le seule organisation internationale objective, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qui observe ce qui se passe sur le terrain, n’a jamais fait part d’une présence militaire russe en Ukraine.

«La Crimée et les régions de l’Est ukrainien sont soumises au règne de la terreur», a déclaré le stratège principal de la politique étrangère américaine en Ukraine, en ignorant tout simplement le fait que c’est le chaos constaté à Kiev qui est à l’origine du référendum en Crimée et du rattachement de la péninsule à la Russie.

La diplomate américaine n’a pas mentionné non plus les milliers de victimes civiles de l’opération «anti-terroristes» lancée par Kiev dans le Donbass après le refus de la région de reconnaître le coup d’état qui s’est produit dans la capitale. Victoria Nuland a suggéré que ce sont les actions de Moscou qui ont forcé quelques 1,7 million d’Ukrainiens à quitter leurs maisons et, par simple coïncidence, à déménager en Russie, qui est le pays qui accueille le plus de réfugié ukrainiens.

«C’est un conflit orchestré et contrôlé par le Kremlin ; alimenté par les chars et les armes lourdes russes ; financé avec l’argent des contribuables russes et qui tue de jeunes Russes dont les mères, les femmes et les enfants ne peuvent pas enquêter sur la mort en échange d’indemnisations», a souligné Victoria Nuland, en omettant de mentionner le rôle de Washington dans le conflit ukrainien.

L’intervention de Victoria Nuland semble avoir suscité la même passion parmi les membre du comité. Le président du comité des Affaires étrangères du Congrès, Ed Royce, a estimé que le Kremlin «avait recruté chaque skinhead et mécontent dans le monde russophone et essayé de les envoyer dans l’est» de .

Le député Eliot Engel a accusé le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov de diffuser «des mensonges, des mensonges et encore plus de mensonges», quant au parlementaire Albio Sires cité par The Guardian, il a qualifié le président russe Vladimir Poutine de «voyou du KGB qui est devenu chef de l’Etat par hasard».

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