Des journalistes russes ont été détenus à Kiev alors que l’Ukraine renforce sa censure (VIDEO)

Source : RIA Novosti Source: RIA NOVOSTI
Source : RIA Novosti

Quatre journalistes russes ont été détenus en Ukraine et renvoyés à Moscou. Trois d’entre eux ont été arrêtés alors qu’ils filmaient une manifestation d’opposition. Le ministre russe des Affaires étrangères a parlé d’une «provocation».

Le Service ukrainien de sécurité a arrêté des journalistes de la Première chaîne russe, Elena Makarova et Sergueï Korenev, ainsi qu’un journaliste de NTV Andreï Grigoriev, qui étaient à . Le Service de sécurité a indiqué qu’ils seraient déportés en Russie et interdits de séjour en Ukraine pour les cinq années à venir.

Sergueï Korenev© 1tv.ru
Sergueï Korenev

Elena Makarova© 1tv.ru
Elena Makarova

NTV a fait savoir qu’Andreï Grigoriev était déjà à . «On m’a arrêté juste au centre de Kiev quand je filmais une manifestation à laquelle participaient des membres de Secteur droit, des fans de foot et d’autres personnes qui sont en désaccord avec la ligne du gouvernement actuel», a dit le journaliste de NTV. « Quelques participants à la manifestation m’ont approché et m’ont demandé ma carte d’identité. Je leur ai dit que je ne montrerai ma carte d’identité qu’à la police, et ils m’y ont accompagné».

Andreï Grigoriev© NTV
Andreï Grigoriev

«Rien n’a été enregistré au poste de police… Il semblait que la décision avait été prise à l’avance», a-t-il ajouté.

Une vidéo du moment où le journaliste a été arrêté a été diffusée.

De son côté, Elena Makarova a dit que 10 personnes avec des autocollants de Secteur droit se sont approchées d’elle et du cadreur. Ces hommes leur ont montré les papiers attestant qu’ils appartenaient aux services de sécurité ukrainiens. Quand elle leur a demandé de leur montrer leurs badges une nouvelle fois, on lui a répondu : «si nous te montrons nos papiers encore une fois, tu seras liquidée». Quand la journaliste a demandé ce qu’ils voulaient dire, le groupe a répondu : «C’est mieux pour toi de ne pas le savoir». Ensuite, elle a été séparée de son cadreur Sergueï Korenev.

Pendant l’interrogatoire, on lui a demandé le nom de la chaîne pour laquelle elle travaillait et on lui a dit qu’elle «constituait une menace pour l’Ukraine» et qu’elle serait déportée.

Une autre journaliste de NTV, Inna Ossipova s’est vu interdire d’entrer  après être arrivée à l’aéroport de Kiev. On lui a posé des questions sur le but de son voyage pendant le contrôle douanier et on lui a dit que «la raison pour son voyage ne pouvait pas être démontrée». Son passeport a été confisqué et pour le moment elle est toujours bloquée à l’aéroport.

«Les actions de l’Ukraine sont une provocation»

Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié ces arrestations de «provocation contre les journalistes russes et [de] violation des obligations de l’Ukraine de garantir la sécurité des journalistes».

«Nous demandons que nos journalistes soient libérés tout de suite et que cesse la chasse aux représentants des médias russes», a fait savoir le ministère. «Nous attendons une réaction similaire des organisations internationales spécialisées, principalement, de la représentante de l'OSCE pour la liberté de la presse, Dunja Mijatovic, concernant ces nouveaux actes illicites des autorités ukrainiennes».

L’incident s’est produit après la décision du Service ukrainien de sécurité de priver d’accréditation plus de 100 médias russes le 21 février. Plus tôt ce mois-ci, 239 parlementaires ukrainiens avaient voté en faveur de la suspension de l’accréditation des journalistes russes jusqu’à la fin du conflit dans l’Est de l’Ukraine.

Cette liste inclut les agences TASS, et Rossiya Segodnya, de même que toutes les chaînes russes sauf Dozhd, selon la porte-parole du gouvernement russe Yelena Guitlianskaïa.

«Faire taire les voix de l’opposition»

Le professeur de sciences politiques à l’Université de Rhode Island, Nicolaï Petro, a dit à RT que l’Ukraine justifiait ses actions s’appuyant sur une nouvelle législation. C’est une tentative de verrouiller le contrôle de l’information, une capacité de bloquer toutes les voix dissidentes, en partie en Ukraine, pour qu’elles ne soient pas entendues par les Ukrainiens».

Nicolaï Petro a expliqué que la censure en Ukraine atteignait un degré tout à fait nouveau. «En Occident, en temps de guerre la censure ne peut s’appliquer que dans les situations reliées directement aux opérations militaires. Les autorités ukrainiennes vont bien au-delà de ce stade. En fait, elles réduisent au silence les voix de l’opposition, qui se sont déjà tues là-bas et utilisent les médias russes pour atteindre le cœur du pays».

Le professeur a noté que la réponse de l’Occident serait «très muette», «parce que c’est un problème qu’il ne préfère pas traiter».

Mais de telles tentatives sont rarement couronnées de succès. «Les politiciens ont tendance à sous-estimer l’aptitude de la population à contourner les restrictions pour recevoir des informations d’une grande diversité de sources. Ces tentatives sont vouées à l’échec en fin de compte», a indiqué Nicola Petro.

En savoir plus : Facebook, nouvelle ligne de front : Kiev recrute une «cyber-armée»

En plus de limiter la liberté d’expression en Ukraine, Kiev a annoncé cette semaine son implication dans la guerre de l’information en créant une «armée en ligne», selon le Ministère de l’Information.

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