Chypre : Les sanctions contre la Russie créent de grands problèmes pout toute l’UE

Le président chypriote Nicos Anastasiades© Grigory Sysoev Source: RIA NOVOSTI
Le président chypriote Nicos Anastasiades

Pour le président chypriote Nicos Anastasiades, les sanctions européennes contre la Russie ne se sont pas révélées efficaces et n’ont pas répondu aux attentes de ceux qui les ont imposées. Elles ont même provoqué des pertes énormes.

Avant sa visite officielle à , le président de Chypre a estimé que les sanctions avaient compliqué la situation économique dans plusieurs pays européens, sans apporter de perspectives de paix pour le peuple ukrainien. C’est ce qu’a confié Nicos Anastasiades dans une interview à l’agence TASS.

«Nous avons ouvertement déclaré au Conseil de l’Europe que les sanctions ne résoudront pas le problème. Les sanctions ne feront que créer des problèmes plus vastes pour l’ensemble de l’Union européenne. Il s'avère que la population des pays les plus petits payera pour ces sanctions», a encore déclaré le président chypriote, ajoutant son pays était étroitement lié à la Russie.

«Notre économie et notre défense dépendent beaucoup de nos relations avec la Russie. Des milliers des sociétés russes travaillent à Chypre, les Russes font de gros investissements à Chypre. Notre tourisme dépend aussi fortement des Russes», a-t-il souligné.

Les dirigeants des autres pays européens comme la  et la Hongrie ont dit à plusieurs reprises que les sanctions toucheront en premier lieu ceux qui les imposent.

Abordant le volet politique du conflit ukrainien, Nicos Anastasiades a souligné qu’il était important pour les grandes puissances de résoudre ce problème de façon pacifique.

«J’espère que dans les conditions actuelles, avec la participation de la chancelière Angela Merkel, du président François Hollande et du président Vladimir Poutine, une solution diplomatique sera trouvée, il n'existe tout simplement aucune autre solution. Cela permettra à tout le monde de sortir victorieux de cette situation», a fait savoir Nicos Anastasiades.

Amis de longue date

Quand le président chypriote a pris ses fonctions, il a dit que la politique étrangère de l’île se concentrerait sur le renforcement des liens avec les Etats-Unis, mais cela ne signifiait pas pour autant que Chypre renoncerait à ses liens politiques avec d’autres pays.

«J’avais dit à l’époque que cela ne se produirait pas au détriment des relations avec nos amis traditionnels, comme la Russie», a-t-il réaffirmé en rappelant le soutien fourni par Moscou pour l’existence même de la République en 1974.

Lorsque la crise a frappé le pays en 2013, la confiance des entrepreneurs russes en Chypre et ses autorités est devenu l’un des facteurs les plus importants pour le redressement du pays, estime Nicos Anastasiades.

«Le désastre nous menaçait. En fait, nous étions au seuil d’un effondrement catastrophique, sur le point de faire faillite», a-t-il dit en ajoutant que l’appui et la confiance des sociétés russes ont permis d’assainir et de rationnaliser progressivement le système bancaire.

«Nous sommes à nouveau entrés sur le marché mondial, à peine six mois après la crise. Nous avons mis à jour nos notes auprès des agences de notation internationales. Tout cela nous a permis de rétablir l’ordre dans le cadre de nos activités destinées à moderniser notre administration publique», a expliqué Nicos Anastasiades.

Chypre éprouve encore des difficultés mais Nicos Anastasiades espère que les investissements augmenteront et que plus d’emplois seront créés, même si le chômage atteint un niveau élevé de 16%.

Chypre a subi de graves dommages à cause la réponse de la Russie aux sanctions de l’UE et s’attend à un très net ralentissement de l’industrie touristique en 2015, a déclaré Georgios Kasoulides, ambassadeur de la République de Chypre en Russie.

Le voyage à l’étranger le plus important

Nicos Anastasiades considère sa visite en Russie du 24 au 27 février 2014 comme «un des voyages à l’étranger les plus importants», exprimant la reconnaissance de son pays à la Russie pour la confiance qu’elle lui témoigne, en particulier au moment de la crise de 2013.

«Nous exprimons notre gratitude profonde aux Russes», a dit Nicos Anastasiades, ajoutant : «Il y a un sentiment qui nous permet de nous prononcer contre les mesures du Conseil de l’Europe qui peuvent nuire à nos amis qui nous ont montré leur confiance et qui nous ont donné l’espoir d’un redressement rapide pour sortir de la crise».

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