Les rebelles syriens modérés recevront-ils des outils de communication pour les raids aériens?

(RIA Novosti) Source: RIA NOVOSTI
(RIA Novosti)

Les Etats-Unis pourraient fournir aux forces rebelles «modérées» en Syrie des pickups blindés et des outils de communication pour demander des raids aériens, selon le nouveau plan que Washington poursuit pour maîtriser la menace de l’EI.

Les combattants syriens modérés devraient recevoir des pickups blindés avec des mitrailleuses et des systèmes GPS pour aider à coordonner au sol les raids aériens dirigés par les  contre les combattants djihadistes, a rapporté le Wall Street Journal. Le quotidien souligne cependant que la décision finale de fournir ce soutien aux rebelles n’a pas été encore prise.

Le journal indique que ce plan fait partie du programme «entraîner et équiper» qui doit commencer le mois prochain. Ce sera la première fois que Washington arme ouvertement les rebelles. Le Pentagone espère battre l’Etat islamique (EI) dans la région en fournissant aux rebelles un entraînement «supérieur» et la possibilité d’avoir un soutien aérien.

S'appuyant sur l’expérience de la campagne de Kobane l’année derrière, durant laquelle les rebelles avaient demandé l’appui de bombardiers américains B-1B, les hauts fonctionnaires espèrent que cette stratégie réussira. «La façon dont nous l’envisageons est très similaire à ce qui s’est fait à Kobane», a expliqué un responsable militaire.

Les avions américains largueront des bombes guidées sur des cibles en mouvement, comme des chars, en utilisant au sol les nacelles de désignation laser des B-1.

Le Wall Street Journal s’interroge néanmoins sur le succès possible d’une telle stratégie alors que les hauts fonctionnaires pensent que le nombre des rebelles modérés ne dépassera pas celui des forces de Daesh. D’autres pensent encore que les rebelles pourraient utiliser ces outils pour désigner les forces du président al-Assad au moment d’appeler les frappes aériennes.

«Je dirais que c’est plus de la publicité qu’une campagne à long terme», a indiqué James Carafano, un analyste dans la Heritage Foundation [un think tank américain], à propos de cette campagne à venir.

La mission d’entraînement des rebelles syriens dirigée par les Etats-Unis, devrait commencer au mois de mars. Le Pentagone, qui a dit qu’il envisageait d’entraîner 5 000 combattants syriens chaque année pendant trois ans, prévoit que le premier groupe de 3 000 rebelles entraînés par les Etats-Unis rentrera en Syrie à la fin de cette année. C’est ce que le contre-amiral John Kirby a annoncé à l’agence Reuters.

Les bases de données du gouvernement américain et les bases régionales seront utilisées pour passer au crible les antécédents des candidats.

La Turquie, l’Arabie Saoudite, le  et la Jordanie ont offert leur soutien en mettant à disposition des bases d’entraînement, mais le contre-amiral Kirby a refusé de donner plus d’informations sur le choix des sites. «Il y a environ 1 200 personnes qui ont été identifiées comme potentiellement capables de participer à cette campagne», a-t-il révélé.

Dans le cadre de ce programme d’entraînement, des équipes de quatre à six rebelles recevront chacune un pickup Toyota et des traqueurs qui leur permettront de demander des raids aériens. Les combattants seront aussi munis de mortiers ou même d’armes antichars plus complexes.

Les hauts fonctionnaires militaires ont dit que leurs capacités à contrôler les rebelles seront limitées quand ils se retrouveront sur le champ de bataille, mais Washington envisage d’utiliser des leviers comme le réapprovisionnement en munitions et un système de coupons pour contrôler ceux qui auront reçu cette formation.

«Toutes ces choses pourraient être menacées si elles sont utilisées dans un but opposé à celui qui a été établi», a dit un haut fonctionnaire au Wall Street Journal.

Les Etats-Unis ont élargi leur campagne militaire contre l’EI en Syrie au mois septembre, après que le président américain a autorisé le Commandement central américain à travailler avec des nations-partenaires dans la région pour lutter contre la menace djihadiste. Damas, néanmoins, n’a pas constaté de coopération directe alors que des raids aériens se sont déroulés sur son territoire sans aucune autorisation internationale. Le Conseil américain de sécurité nationale a refusé de coordonner sa campagne aérienne avec les autorités syriennes qui, selon les Etats-Unis, ont perdu leur légitimité.

Damas avait prévenu que  devait respecter la souveraineté de la Syrie lors de ses tentatives de lutter contre l’EI. Beaucoup d’experts ont exprimé leur inquiétude sur le fait que ces raids aériens des Etats-Unis pourraient prendre pour cible l’Etat islamique, mais aussi des sites gouvernementaux comme les forces loyales au président al-Assad.

La Russie a averti de son côté, que le départ d’al-Assad dans une situation aussi instable n’amènerait que plus de chaos et de souffrances pour le peuple syrien. Moscou insiste pour que des négociations directes entre les parties engagées dans le conflit – les autorités et l’opposition – puissent résoudre la crise actuelle face à la menace beaucoup plus grave qu’est le djihadisme radical. 

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Social comments Cackle
Enquêtes spéciales