Kiev affirme qu’il n’y a pas d’organisations d’extrême-droite en Ukraine

Les combattants du bataillon de volontaires pro-gouvernement Azov Source: RIA NOVOSTI
Les combattants du bataillon de volontaires pro-gouvernement Azov

Pour les autorités, aucune organisation d’extrême-droite n’est officiellement enregistrée en Ukraine. Cependant, les observateurs internationaux ont plusieurs fois noté la participation active d’ultras aux côtés des forces de Kiev dans le Donbass.

«Nous ne disposons pas d’informations concernant des partis, organisations ou groupes radicaux d’extrême-droite», a déclaré le chef du Département central d’investigation du Service de sécurité d'Ukraine (SBU) Vassili Vovk, à la chaîne de télévision ukrainienne ICTV.

«Il y a bien évidemment des citoyens avec des points de vue variés qui pourraient représenter une certaine menace. Il existe probablement des groupes non-officiels qui partagent de tels points de vue extrémistes, mais ici on a affaire à des cas isolés. Les organisations et groupements ultra-radicaux ne sont pas enregistrés ni identifiés en Ukraine», a précisé Vassili Vovk.

Cette déclaration du chef du SBU intervient deux semaines après la nomination de Dmitri Iaroch, leader du groupe extrémiste Secteur droit recherché par Interpol, au poste de conseiller du Commandant d’état-major. Ce dernier avait accepté de légaliser le statut de milliers de combattants de Secteur droit en en faisant une «équipe d'assaut», subordonnée à l’armée régulière.

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La présence des ultranationalistes ukrainiens glorifiant l’idéologie nazie a été révélée plusieurs fois. Au début du mois de mars, le quotidien américain USA Today avait révélé, depuis le quartier général du bataillon de volontaires Azov, qu’une grande partie de ses combattants soutenaient ouvertement l’idéologie nazie.

L’année dernière, on a remarqué que certains membres des bataillons de volontaires Azov et Donbass portaient des croix gammées et des insignes SS.

L’année dernière, le journaliste de la BBC Gabriel Gatehouse s’est rendu à Kiev pour enquêter sur les liens qui unissent le nouveau gouvernement ukrainien et les néo-nazis.

Après avoir découvert que des groupes d’hommes armés se baladaient sur Maïdan en brandissant des symboles discutables, y compris ceux utilisés par les divisions SS pendant la Deuxième guerre mondiale, l’enquête du journaliste britannique a révélé que les groupements les mieux organisés et probablement les plus efficaces étaient un petit nombre de groupes d’extrême-droite.

«Dans les confrontations avec la police, c’était souvent les nationalistes qui étaient les plus violents», a déclaré le journaliste britannique Gatehouse.

Le 18 avril, Vassili Vovk a affirmé que l’organisation appelée Armée insurrectionnelle ukrainienne, qui aurait revendiqué la responsabilité des assassinats du journaliste Oles Bouzina et de l’ex-député Oleg Kalachnikov abattus à Kiev la semaine dernière, n’existait pas. Pendant la Deuxième guerre mondiale, l’organisation du même nom, l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, composée de nationalistes ukrainiens, se battait du côté de l’Allemagne nazie.

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Mardi également, Vovk s’en est ouvertement pris aux «ukrainophobes» à propos du nombre d’assassinats de personnalités éminentes qui ont eu lieu récemment en Ukraine.

«En tant que chef du Service de sécurité d'Ukraine, je crois qu’au moment où l’on est presque en guerre, les ukrainophobes devraient soit se taire, soit ramener le volume de leur rhétorique à zéro. Personne ne devrait se dresser contre l’Ukraine et l’"Ukrainité"», a déclaré le haut responsable.

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A la question de donner une définition légale du mot «ukrainophobe», Vassili Vovk a répondu : «Il n’y en a pas, mais tout le monde sait de quoi on parle».

Vendredi dernier, le secrétaire général Ban Ki-Moon a publié une déclaration exprimant son «inquiétude profonde» en relation avec l’augmentation du nombre d’assassinats en Ukraine, réclamant une enquête approfondie qui rétablirait «la primauté du droit».

«Cette série de de meurtres a mis les autorités de Kiev sur la sellette», estime pour sa part l’ONG Amnesty International.

La semaine dernière, une base de données qui comportait les noms des «ennemis de l’Etat» a été mise en ligne. Le site web baptisé «Mirotvorets» (Gardien de la paix) a publié des informations très élaborés et détaillées sur tous ceux qui figurent sur cette liste – journalistes, activistes, députés opposés à la politique du gouvernement et rebelles combattant ce gouvernement dans l’Est du pays. Leurs adresses postales, numéros de téléphone et d’autres données personnelles ont ainsi été rendues publiques.

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