Pas de bière dans l’espace : l’équipe de l’ISS a confié à RT les détails de sa vie en orbite

Mikhaïl Kornilenko et Scott Kelly Source: RIA NOVOSTI
Mikhaïl Kornilenko et Scott Kelly

Mardi, lors d’un duplex exceptionnel avec la Station spatiale internationale (ISS), RT a pu poser les questions envoyées par ses téléspectateurs au cosmonaute Mikhaïl Korniïenko et à l’astronaute Scott Kelly.

Les téléspectateurs de RT se sont, à raison, montrés intéressés par la vie à bord de l’ISS, posant des questions sur des thèmes variés, allant de comment faire son café jusqu’à savoir dans quelle mesure les relations entre la Russie et les Etats-Unis affectaient les relations entre les occupants de l’ISS.

La difficulté la plus marquante, évoquée par les habitants de l’ISS, c’est l’impossibilité de profiter des plaisirs terrestres quotidiens comme une douche chaude ou la possibilité de respirer de l’air frais. Ce n’est tout simplement pas possible dans l’espace.

Scott Kelly a reconnu que les commodités domestiques lui manquaient, en particulier «l’eau courante, la possibilité de sortir… la qualité de l’air varie parfois, mais en gros c’est assez bien». Il a encore ajouté qu’il était impossible d’échapper au travail car il est impossible de rentrer à la maison à la fin de la journée.

«La chose que je trouve la moins attrayante, c’est qu’on est toujours en train de travailler. Alors imaginez-vous, peu importe le travail que vous faites, que vous ne le quittez jamais. On a toujours l’impression d’être au travail, qu’on ne se repose jamais. A long terme, cela peut devenir fatiguant», a expliqué l’astronaute américain.

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Mais il y a au moins un plaisir que Scott Kelly et Mikhaïl Korniïenko pourront bientôt apprécier : le café. Faisant allusion à l’arrivée récente d’une machine à café dans l’ISS, un spectateur de RT s’est demandé si les astronautes en avaient déjà bu une tasse ou deux.

Scott Kelly lui a répondu qu’avec son collègue Mikhaïl Korniïenko, ils se «réjouissent de cette perspective», mais qu’ils n’avaient pas encore eu la chance d’en profiter.

«Nous avons beaucoup de choses à faire après l’arrivée du vaisseau de ravitaillement qui a apporté cette machine. Avec ça et les autres expérimentations scientifiques, on n’a toujours pas eu la possibilité de l’utiliser», a précisé Scott Kelly.

Mais même après son inauguration, il faudra utiliser cette machine de manière mesurée car il n’y a que 15 portions.

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Toujours à propos de boissons, les astronautes ne peuvent même pas se permettre une canette de bière.

«On aimerait bien [en avoir, mais on n’en a pas]. Il y a un problème particulier avec les boissons gazeuses… Lorsqu’on ouvre une bière ou un soda sur la Terre, les gaz montent vers le haut et s’échappent de la bouteille… Mais dans l’espace, les gaz restent dans le liquide et ne remontent pas. On boirait ainsi une boisson avec beaucoup de gaz, ce qui n’est pas idéal», a expliqué Scott Kelly.

Mais les téléspectateurs de RT ont tout de même posé des questions plus sérieuses.

A propos des tensions entre les Etats-Unis et la Russie susceptibles de répercuter sur les relations dans l’espace, Scott Kelly a répondu par un «non» catégorique.

«Elles n’ont aucune influence. Ici, la vie des uns dépend de celles des autres. Nous sommes de bons amis, des professionnels, des collègues et ce n’est pas quelque chose qu’on évoque pendant nos conversations … Ce sont des gens très bien et je ne voudrais voler avec personne d’autre … ce que nous faisons est très important et nous laisserons ces discussions à ceux qui en font leur travail.

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A propos de travail, celui des astronautes fait rêver des milliers d’enthousiastes à travers le monde entier… Un spectateur s’est intéressé à ce qui a poussé les deux hommes à embrasser cette carrière.

«Mon père était un pilote de chasse de l’armée. Il a accueilli les premiers cosmonautes qui revenaient de l’espace… A cette époque, l’exploration spatiale était terriblement populaire en Union soviétique. Je me rappelle de mon père qui me rapportait des souvenirs des premiers atterrissages … C’est comme ça que j’ai eu cette idée. Un pas après l’autre, traversant de nombreuses difficultés, j’ai atteint cet objectif, le but ultime de ma vie», a reconnu Mikhaïl Korniïenko.

Mais cela ne veut pas dire que, de temps en temps, ces deux hommes ne rêvent pas de la vie sur Terre.

«Avant d’arriver ici, les gens me posaient des questions sur ma dernière mission, quels sont les rêves qu’on fait dans l’espace et s’ils se déroulent dans l’espace ou sur Terre… Je me suis souvenu d’avoir rêvé dans l’espace, mais pas de ce dont j’avais rêvé. Alors, cette fois, j’ai fait un effort lorsque je me réveille et que je me souviens de ce dont j’ai rêvé, je le note … Et ce que je peux vous dire, c’est que cela se passe parfois dans la station spatiale avec des gens qui ne font même pas partie de l’équipage, parfois sur la Terre», a répondu Scott Kelly.

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