L’Australie pourrait autoriser les gardiens à passer à tabac les demandeurs d’asile

Un garde près du Centre d'immigration Baxter près de Port Augusta Source: Reuters
Un garde près du Centre d'immigration Baxter près de Port Augusta

Une requête auprès de la Cour suprême de l’Australie a proposé de donner aux officiers des centres d’immigration le droit de faire appel à la force s’ils l’estiment nécessaire, selon l’ancien juge d’une cour de l’état australien de Victoria.

Les nouveaux pouvoirs éventuels des officiers d’immigration leur permettraient d’utiliser «d’une manière raisonnable la force contre toute personne» pour maintenir l’ordre et la sécurité, ce qui pourrait dans les faits aboutir à ce qu’ils «battent à mort les demandeurs d’asile», a dit Stephen Charles SC, qui a été un juge d’une cour d’appel de l’état de Victoria. L’immunité civile et pénale s’étendrait également aux travailleurs contractuels, qui sont moins bien formés que les officiers.

Selon Charles, cette mesure ne fera qu’«encourager inévitablement les gardiens à utiliser la violence contre les demandeurs d’asile».

Ces derniers sont placés dans le centre de détention de Nauru, où, selon les informations des médias, des violations des droits de l’homme, y compris des viols et des abus physiques, ont été plusieurs fois enregistrés depuis novembre 2013. Le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur la torture Juan Mendez qui a examiné comment l’Australie accueille les demandeurs d’asile, a lui aussi fait état de nombreuses violations de la convention contre la torture signée il y a 30 ans au Conseil des droits de l'homme des Nations unies.

Entretemps, l’Australie se prépare à envoyer des centaines de réfugiés de Nauru à destination du Cambodge dans le cadre d’un accord de réinstallation pour un coût de 40 millions de dollars. Cet accord a été signé l’année dernière, mais ce le premier départ d’immigrés vers le Cambodge aura lieu le lundi 20 avril 2015. Ils seront logés près de la capitale Phnom Penh et se verront attribuer de l’argent liquide et un compte bancaire, ainsi qu’une assurance médicale, des cours de langue et une aide à la recherche d’emploi.

Selon les informations des médias, la réinstallation est proposée aux réfugiés sur la base du volontariat, mais peu d’entre eux ont fait preuve du désir de revenir au Cambodge, redoutant les dangers de ce pays «peu développé» où «les officiers de police sont mêlés à la torture et à la corruption», selon la directrice de la branche australienne de Human Rights Watch Elaine Pearson.

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