Washington : les sanctions contre l’Iran seront levées «seulement par étapes»

Le Guide suprême iranien Ali Khamenei Source: Reuters
Le Guide suprême iranien Ali Khamenei

Les Etats-Unis ont prévenu que les sanctions contre l’Iran seraient levées seulement par étapes à mesure que l’accord nucléaire est mis en œuvre. Auparavant, le Guide suprême iranien a demandé de lever les sanctions dès la signature de l’accord.

Le département d’Etat a fait savoir jeudi que les sanctions seraient levées seulement par étapes.

«Nous n’allons pas répondre à chaque déclaration publique faite par les officiels iraniens ou négocier en public. Les sanctions seront suspendues par étapes après la vérification que  a respecté les engagements spécifiques prévus par un plan d’action final conjoint», a affirmé le porte-parole du département d’Etat Jeff Rathke.

Cette déclaration a été faite après que le Guide suprême iranien Ali Khamenei a demandé de lever toutes les sanctions contre l’Iran avant la signature de l’accord final sur le programme nucléaire iranien. Ali Khamenei est la personne la plus puissante en Iran et a le dernier mot sur toutes les affaires d’état.

«Je ne suis ni pour, ni contre cet accord. Le diable est dans les détails, il est possible que la fourberie de l’autre partie consiste à nous restreindre dans les détails», a déclaré le Guide suprême iranien lors de son discours diffusé en direct à la télévision d’état jeudi.

«Toutes les sanctions doivent être levées à la signature de l’accord. Si la levée des sanctions dépend d’autres processus, donc pourquoi avons-nous commencé les négociations ?», a-t-il ajouté.

Cela fait écho aux remarques faites par le président Hassan Rohani le même jour : «Nous n’allons signer aucun accord à moins que toutes les sanctions ne soient levées le même jour… Nous voulons un accord avantageux pour toutes les parties impliquées dans les négociations sur le nucléaire».

En savoir plus : Le président iranien Rohani contre tout accord sur le nucléaire avant la levée totale des sanctions

Le Conseil de sécurité de l’ONU, les Etats-Unis, l’UE et certains autres pays avaient sanctionné l’Iran à cause de son programme nucléaire controversé.

La levée des sanctions en échange de la réduction des activités d'enrichissement de l'uranium et d’un certain degré du contrôle international de l’industrie  iranienne est au cœur de cet accord. Les termes exacts de la levée des sanctions et de la réduction des activités dans le cadre du programme  étaient une question difficile pour les négociateurs.

Les nations occidentales insistent pour que l’Iran collabore entièrement à une enquête de l'Agence internationale de l'énergie atomique sur ses activités nucléaires précédentes, et notamment sur leur dimension militaire.

«Les possibles dimensions militaires sont hors de question. Elles ne peuvent pas être discutées», a déclaré un officiel iranien, cité par Reuters. Ali Khamenei a aussi affirmé que «les sites militaires iraniens ne peuvent pas être inspectés sous prétexte de supervision nucléaire».

Tout accord final, au demeurant, supposerait un système de surveillance vigoureux pour s’assurer que les iraniens respectent leurs engagements.

L'équipe de négociation française a déclaré qu’il serait difficile de parvenir à un accord final et qu’un mécanisme de rétablissement des sanctions doit être prévu au cas où Téhéran ne s’acquitterait pas de ses obligations.

«Il reste quand même des sujets sur lesquels nous ne sommes pas encore en accord et notamment la question des sanctions économiques [...]. Et le guide suprême [...] vient de faire des déclarations [...] qui montrent qu'il y a encore [...] beaucoup de travail à faire», a fait savoir le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Ali Khamenei a aussi constaté que l’accord provisoire négocié plus tôt ce mois-ci ne signifiait pas qu’un accord final serait conclu avant la date limite du 30 juin.

Un accord provisoire a été négocié la semaine dernière entre l’Iran et le groupe 5 + 1 comprenant les , la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne.

Les pays occidentaux, à maintes reprises, ont accusé l’Iran d’essayer de produire des armes nucléaires. L’Iran dément et se déclare en droit d’appliquer un programme nucléaire pacifique. Téhéran, malgré la pression exercée par les sanctions, n’exclut toujours pas un abandon des négociations, affirmant que «pas d’accord vaut mieux qu’un mauvais accord».

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