Lavrov : l’Ukraine détient la clé de la normalisation des relations entre la Russie et l’UE

Sergueï Lavrov Source: RIA NOVOSTI
Sergueï Lavrov

Les relations entre la Russie et l’UE dépendent de la mise en œuvre des accords de Minsk, a dit le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lundi. En «bloquant» les accords, Kiev empêche la «normalisation» des relations, a-t-il dit.

«Les accords de Minsk sont bloqués par . Ainsi, l’Ukraine possède la clé pour normaliser les relations entre la Russie et l’Union européenne», a dit le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov lors d’une interview pour Dmitri Kisselev, directeur de l’agence médiatique Rossiya Segodnya.

Le renoncement des Européens à mettre en place un prolongement automatique des sanctions contre la  pour maintenir la pression sur Moscou tant que le cessez-le-feu est en place et la décision européenne de lier sa politique à la mise en œuvre des accords de Minsk sont utilisés à son avantage par Kiev, a dit Sergueï Lavrov.

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Les appels du président ukrainien Petro Porochenko à déployer des forces étrangères dans l’est de l’Ukraine comme mission de maintien de paix est une «faille tactique», a dit le chef de la diplomatie russe.

Parfois, quand une partie a besoin de gagner du temps, une nouvelle idée est proposée seulement pour distraire l’attention du problème principal et pour bloquer les progrès, a expliqué Sergueï Lavrov, ajoutant qu’il espérait que l’idée des casques bleus en Ukraine n’était pas une énième distraction.

Moscou a réagi dès le début par la négative à l’invitation unilatérale d’une force de maintien de la paix sous l’égide de l’UE à intervenir dans l’est de l’Ukraine, soulignant que cette mesure saperait l’accord de cessez-le-feu en l’absence d’une concertation avec les insurgés.

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La Russie est prête à entendre les propositions de Kiev à ce sujet à condition que les représentants de ces républiques autoproclamées soient intégrés à la discussion et que l'Ukraine parvienne à expliquer en quoi cette mission pourrait être plus efficace que les observateurs de  qui sont déjà sur place, a dit le ministre lors d’une conférence de presse lundi.

«Il y a du progrès concernant le cessez-le-feu», a dit Sergueï Lavrov en ajoutant qu’il a tout de même des zones où les accords ne sont pas encore mis en œuvre. La zone de l’aéroport de Donetsk est toujours bombardée par les forces de Kiev, a signalé le ministre en citant des rapports de l’OSCE.

Tous les pays qui ont participé aux négociations au format Normandie suivront la mise en œuvre des accords de Minsk, selon Sergueï Lavrov, qui a dit que les ministres du groupe y compris les représentants de la Russie, de la France, de l’Ukraine et de  ont convenu de se réunir prochainement pour discuter des progrès réalisés. 

Entretemps, les Etats-Unis essaient de maîtriser les relations d’autres pays avec Moscou, a dit Lavrov, ajoutant que de telles démarches jettent la suspicion sur les décisions prises par certains hommes politiques américains.

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«Tous les partenaires que je rencontre à l'étranger ainsi que mes homologues qui me rendent visite en Russie subissent des pressions de la part d'ambassadeurs américains ou de certains émissaires de rang inférieur que Washington a envoyés en mission spéciale d'avertissement dans leur pays», a dit Sergueï Lavrov pendant l’interview.

«Il est évident que Washington ne veut pas favoriser le succès des accords de Minsk et faciliter la résolution des différends entre la Russie et l’Union européenne, malgré le fait que John Kerry m’affime toujours le contraire», a-t-il dit.

Le Yémen a besoin d’une solution pacifique

Moscou est aussi préoccupée par la campagne militaire de la coalition internationale arabe contre les rebelles houthis au Yémen qui se poursuit sans l'aval du conseil de Sécurité de , a dit Lavrov. L’Arabie Saoudite et les autres membres de la coalition ont seulement demandé l’approbation de l’ONU après avoir lancé l’opération, la campagne «n’avait de base légale».

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A propos crise au Yémen,  Lavrov a dit que l'équilibre géopolitique au Moyen-Orient en dépend et que Moscou est très inquiet de la «fissure profonde entre sunnites et chiites». La Russie avait mis en garde contre une telle confrontation il y a des années mais avait été accusée de pousser au conflit.

«Maintenant, tout le monde admet qu’une évolution si dangereuse des événements pourrait être encore plus dangereux que les actions dirigées contre l’islam ou le christianisme en général», a-t-il dit en ajoutant que Moscou travaille avec les Saoudiens, les Egyptiens et d’autres partenaires pour promouvoir un règlement pacifique de la situation.

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