Nucléaire iranien: une délégation israélienne à Paris pour empêcher un "mauvais" accord

Les négociations sur le programme nucléaire de l'Iran
Les négociations sur le programme nucléaire de l'Iran

Une délégation israélienne «de la dernière chance» est en visite en France pour négocier sur la question iranienne et «amender des failles» dans l’accord nucléaire avec l’Iran que Tel Aviv considère comme nuisible à sa sécurité.

La visite intervient dans un contexte de désaccord apparent entre la France et les  sur la stratégie à suivre dans les négociations.

«Nous venons faire un travail de prévention sur un accord [nucléaire] défectueux et rempli de lacunes, au moins pour boucher ou combler certaines de ces lacunes» , a dit Yuval Steinitz, ministre israélien des affaires stratégiques et du Renseignement.

Yuval Steinitz est parti pour Paris avec le chef du Conseil national de Sécurité Yossi Cohen et quelques autres responsables israélien du renseignement. Selon The Jerusalem Post, la délégation visitera quelques autres capitales européennes.

Le ministre des affaires stratégiques et du Renseignement a dit lundi que les discussions avec la France sur le programme nucléaire de l’Iran «se sont avérées productives» dans le passé, c’est pourquoi Israël s’adresse à .

Pendant le week-end, une série de désaccords entre la France et les Etats-Unis aurait fait surface, Paris souhaitant adopter une position plus stricte dans les négociations.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius aurait appelé son équipe en Suisse à s’assurer qu’on ne fera plus de concessions, d’après des diplomates présents aux négociations. Le ministre a réinsisté samedi sur un accord qui garantira que l’Iran ne produira pas d’armes nucléaires.

Les négociations avec l’Iran sont menées par six pays : la Chine, la France, la , le Royaume-Uni, les Etats-Unis et l’Allemagne et visent à régler les désaccords à long terme sur le programme nucléaire de l’Iran.

Les négociations, qui se tiennent sur une base régulière en Suisse, reprendront la semaine prochaine après une pause vendredi. Les parties engagées dans les négociations ont toujours besoin de résoudre l’impasse concernant les recherches nucléaires conduites en Iran et les sanctions qui y sont associées avant l'échéance pour l’adoption d’un accord-cadre le 31 mars. Le dernier délai pour un accord complet est le 30 juin.

L’ambassadeur français à Washington Gérard Araud a posté sur Twitter que l'échéance du 31 mars s’inscrivait dans une «mauvaise tactique» et qu’elle était «contre-productive».

Un autre diplomate français a dit à Reuters qu’Israël est «allé trop loin» et s’est marginalisé par ses prises de positions récentes à l’encontre de tout compromis avec l’Iran. «Nous leur avons dit de jouer leur rôle pour influencer l’accord final, mais ils ont préféré adopter des positions irréalistes», a dit un diplomate anonyme. 

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Israël et les Etats-Unis se sont engagés dans un long bras de fer sur la question iranienne. Les désaccords se sont intensifiés après le discours controversé de Benyamin Netanyahou devant le Congrès américain plus tôt en mars où il a fustigé un accord qui rendrait inévitable l’acquisition d’armes nucléaires par Téhéran. Il a aussi indiqué que le régime iranien «sera toujours l’ennemi des Etats-Unis» et l’a comparé avec «le régime nazi».

 En réponse, le président américain  a laissé entendre dans une allocution vidéo la semaine passée que les relations entre l’Iran et la communauté internationale, y compris les Etats-Unis, pourraient «progresser» si certaines forces ne sapent pas cette tendance qu’Obama a appelée «un printemps précoce».

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