Double visite afghane aux Etats-Unis, un report du retrait des troupes pressenti

Le président afghan Ashraf Ghani et le chef de l'exécutif Abdullah Abdullah Source: AFP
Le président afghan Ashraf Ghani et le chef de l'exécutif Abdullah Abdullah

Le président afghan Ashraf Ghani et le chef de l‘exécutif Abdullah Abdullah sont arrivés aux Etats-Unis pour une visite de cinq jours afin de discuter du prolongement de la présence militaire et de l’aide financière américaine.

En septembre dernier, Ghani et Abdullah avaient convenu de former un gouvernement d'unité après des semaines de lutte personnelle pour le poste de président de l‘Afghanistan. Cette situation a suivi une élection tendue gâchée par des nombreuses allégations de fraude. Ghani est finalement devenu le président alors qu’Abdullah a occupé le poste nouvellement créé du chef de l'exécutif afghan.

Après six mois, Ashraf Ghani rend sa première visite aux  en tant que président afghan accompagné par Abdullah Abdullah. Le programme de cinq jours qui va commencer lundi inclut des rencontres avec le président Barack Obama, le secrétaire d’Etat John Kerry, le secrétaire à la Défense Ashton Carter, le secrétaire du Trésor Jacob Lew et d’autres hauts responsables américains.

On s’attend à ce que la question principale de la visite soit la confirmation que Washington va reporter le retrait de ses troupes de l’Afghanistan, prolongeant la plus longue guerre jamais menée par les Etats-Unis. Le dernier plan prévoit und présence militaire américaine à hauteur de 10 000 hommes jusqu’à fin 2015 et le retrait presque complet des troupes l’année d‘après.

En novembre dernier, l’administration  a élargi le nombre de missions que les troupes américaines peuvent accomplir en Afghanistan pour inclure les opérations de combat direct. Ces derniers mois, les officiels afghans et américains ont laissé entendre que les dates du retrait seraient repoussées de 18 mois. Le maintien des bases américaines à Kandahar et à Jalalabad au-delà de 2015 ESt également en discussion selon Reuters.

La décision peut être nécessaire si l‘on prend en considération l’arrivée de la saison douce et la possibilité d’une offensive de printemps par les Taliban alors que le gouvernement de Ghani reste fracturé par les luttes de pouvoir incessantes entre lui et Abdullah.

«Il est peu probable que les forces armées afghanes et les milices loyales puissent garder le contrôle sans les forces américaines», a annoncé à RT Russ Baker, rédacteur-en-chef du site web Whowhatwhy.com.

«Beaucoup de ces gens sont des seigneurs de la guerre. Il y a une corruption énorme, le contrôle du trafic de drogue, des contrats très lucratifs, des milliards de dollars d’aide étrangère qui ont disparu», a-t-il ajouté.

Ghani va aussi demander le renouvellement des engagements américains concernant une aide financière à son gouvernement.

«Les rencontres aux Etats-Unis vont se concentrer sur une autre question principale : l’aide financière à l’Afghanistan qui a été garantie jusqu’à 2017 mais doit être confirmée pour les cinq années à venir», a annoncé à l’AFP un haut fonctionnaire afghan sous couvert d’anonymat.

Washington étudie la possibilité de rester en Afghanistan tandis que Kaboul presse pour le maintien du statu quo. Tandis que le public américain est fatigué de la guerre, la présence américaine en Afghanistan est stratégiquement importante pour les Etats-Unis.

«[En Afghanistan] On se trouve de l'autre côté de . C’est une grande chose. C’est aussi une situation unique de proximité avec la Chine. Les Américains ont régulièrement essayé d’avoir des avant-postes à travers le monde pour exercer une surveillance globale», a confié à RT Jack Rice, ancien agent de la CIA.

Assurer la sécurité en Afghanistan sera une condition nécessaire pour attirer les investissements étrangers dans un pays sous-développé mais très riche en gisements minéraux. En janvier, un rapport afghano-américain a annoncé la découverte de réserves d’un rendement potentiel de 2,7 milliard d’euros : du cuivre, du lithium, du zinc et des dizaines d’autres minerais. Mais le manque de stabilité et la corruption endémique rendent l’exploitation de ces richesses extrêmement risquée.

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