Les Palestiniens accusent Israël de répartition inéquitable des ressources

Le problème de l'eau potable Source: Reuters
Le problème de l'eau potable

L'approvisionnement en eau et les installations sanitaires sur les territoires palestiniens souffrent de la répartition inéquitable des ressources au profit d’Israël, ont déclaré les autorités palestiniennes.

L'Autorité palestinienne de l'eau et le Bureau central palestinien de statistique, à l'occasion de la Journée mondiale de l'eau, ont appelé au développement d’une infrastructure durable malgré l’occupation palestinienne pour garantir non seulement la disponibilité de l’eau, mais aussi sa qualité.

«La Palestine a souffert de la répartition inéquitable des sources d'eau qui restent sous le contrôle presque complet . Comme un témoignage de cette inégalité, la consommation quotidienne d'eau par habitant israélien, cette année, était sept fois plus élevée que celle par habitant palestinien», ont constaté conjointement l'Autorité palestinienne de l'eau et le Bureau central palestinien de statistique.

Les ressources en eau palestiniennes sont complètement contrôlées par Israël et soumises aux dispositions des Accords d'Oslo. Selon certaines estimations,  Israël consomme plus de 85% de l’eau en Cisjordanie pour couvrir environ un quart de ses propres besoins.

Pour couvrir leurs besoins dans la bande de Gaza en 2013, les Palestiniens ont pompé plus de 100 millions de mètres cubes d'eau de l'aquifère côtier, dépassant de loin son «rendement durable» de 50-60 millions de mètres cubes environ. Les autres 104 millions de mètres cubes ont été extraits en Cisjordanie.

De plus, l’eau qui reste aux  pêche par sa qualité.

«Plus de 90% de l’eau pompée de l'aquifère côtier dans la bande de Gaza ne satifait pas aux normes de qualité de l’eau de l’Organisation mondiale de la santé», lit-on dans la déclaration.

En ce qui concerne les eaux usées, les plans de traitement de l’eau ne peuvent pas prendre en compte tous les déchets produits qui causent une sévère pollution de l’eau. Le développement du secteur dépend en grande partie du financement externe qui est très problématique à cause du blocus imposé par Israël. Le blocus continu de la bande de Gaza de même que la Guerre de Gaza l’été dernier ont causé des dommages sévères aux infrastructures d’approvisionnement en eau de la bande de Gaza.

La qualité de l’eau est bien pire dans la bande de Gaza comparé à la Cisjordanie, 5,8% de ses habitants seulement se disant satisfaits de alimentation en eau en 2013. En Cisjordanie, ce chiffre s’élève à 73,5%, selon différentes agences.

Sur le plan économique, la pénurie en eau a un «impact négatif» sur l’économie palestinienne, en particulier sur l’agriculture. Selon les estimations, environ 90%  de l’eau extraite est utilisée pour  l’irrigation des champs, ce qui est  supérieur de 20% à la moyenne internationale. Cette quantité d'eau est suffisante pour irriguer seulement 16% des terres agricoles palestiniennes.

En outre, les autorités palestiniennes ont déclaré qu’Israël les privait de leur droit à l’extraction annuelle de 250 millions de mètres cubes du Jourdain depuis 1967. En général, les Palestiniens affirment qu’ils ont un droit de propriété juridiquement reconnu sur trois sources d’eau dans la région : le réservoir souterrain de l'aquifère de la Montagne, l'aquifère côtier de la bande de Gaza et le Jourdain.

Les perspectives d’accès durable à l’eau pour les Palestiniens sont mises en péril par les dernières prévisions de  qui constate que 40% de la population mondiale manquera d’eau dans environ 15 ans. Il semble que les preuves sur le terrain confirment cette théorie avec certaines régions faisant face aux plus graves sécheresses depuis des décénies.

L’ONU prévoit que les régimes de pluies souterraines deviendront de plus en plus imprévisibles avec le changement climatique et que les réserves d'eaux souterraines vont en pâtir. La population mondiale atteindra 9 milliards d’habitants d’ici à 2050, et il faudra trouver plus de nappes phréatiques pour soutenir cette croissance.

«A moins que l'équilibre entre la demande et l'offre ne soit restauré, le monde va faire face à une augmentation sévère du déficit global en eau», a constaté le Rapport mondial annuel des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau.

Le rapport prédit que la demande globale en eau va augmenter de 55% d’ici à 2050. A moins que la tendance ne soit inversée, notre planète n’abritera que 60% des ressources en eau nécessaires à toute la population en 2030. Aujourd’hui, presque 748 millions de personnes dans le monde entier ont un accès limité ou n’ont pas d’accès à l’eau potable.

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