Des autocollants racistes suscitent l’émotion dans les quartiers bourgeois d’Austin, Texas

L'autocollant (Image de facebook.com)
L'autocollant (Image de facebook.com)

Aux Etats-Unis, les habitants de la ville d’Austin, au Texas, essaient de faire toute la lumière sur une vague de vandalisme qui a surpris la ville cette semaine : des autocollants «réservé aux blancs» ont été apposés sur magasins.

Ces autocollants sont ornés d’un sceau officiel de la ville. Ils portent l’inscription : «Cinq acheteurs de couleur au maximum/le personnel de couleur est accepté BOH». BOH signifie «à l'arrière de la maison» ou la partie privée d’un commerce. Ces autocollants ont été placés à l'extérieur d’au moins une demi-douzaine de magasins de la ville avant l'aube mercredi.

Jeudi, les autorités municipales ne savaient toujours pas qui les avait placardé de la sorte.

«C’est une manifestation de l’ignorance affligeante et offensante de notre ville. Austin condamne ce type de comportements blessants. Notre ville est un endroit où le respect de chacun fait partie de notre esprit et de notre âme. Nous allons continuer dans cette direction», a déclaré Steve Adler, le maire d’Austin.

Les autorités municipales ont affirmé qu’elles n’avaient rien à voir avec ces autocollants, malgré la présence d’une phrase laissant croire qu’elles pourraient l’être [sponsored by the City of Austin Contemporary Partition and Restoration Program].

«C’est un affront pour ce que nous sommes en tant que ville et à ce que nous sommes en tant que communauté», a fait savoir Marc Ott, le directeur municipal d’Austin. «Cet acte lâche et haineux ne sera pas toléré dans la ville», a-t-il ajouté.

Selon la filiale locale de NBC News, les employés d’une boulangerie vandalisée d’East Austin ont dit qu’ils se sentaient victimes d’un crime haineux.

«Venant d’une famille multiraciale avec un personnel multiracial, je ne vois rien de drôle à cela», a annoncé à KXAN-TV Olivia Guerra O’Neall, propriétaire de Sugar Mama’s Bakeshop. «C’est détestable et ce lâche message peut être interprété de diverses façons, donc aucune n’est positive. Nous sommes dégoûtés par cet acte de vandalisme et de lâcheté».

En février, le magazine Texas Monthly avait annoncé que l’embourgeoisement du quartier d’East Austin était «une histoire bien racontée et un sujet sensible». En 2013, le site Austinist l’a qualifié de problème le plus important pour cette région de la ville, ajoutant qu’il se produisait «à une vitesse presqu’absurde».

April Jensen, manager de la boulangerie, a souligné qu’elle n’était pas certaine du but de ces autocollants, mais qu’elle avait entendu dire qu’ils pouvaient ne pas répondre à des motivations raciales, mais protester contre l’embourgeoisement du quartier, qui figure au classement des meilleurs quartiers hipsters des  dressé par le magazine Forbes.

D’autres habitants se montrent moins critiques.

«Bien sûr, c’est offensant, mais ce n’est qu’un autocollant», a fait savoir Sarah Goeth, propriétaire d’un magasin de vélo, avant d’ajouter : «C’est facile de l’enlever. J’ai une entreprise à gérer».

Selon la filiale locale d’ABC News, des sources proches de la police de la capitale texane ont affirmé que chaque suspect identifié serait inculpé de vandalisme. Nelson Linder, le président de l’Association nationale pour la promotion des personnes de couleur à Austin, a annoncé que «la ou les personnes responsables devaient être traduites en justice» alors qu’elles n’ont pas encore été identifiées.

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