Poutine : les principaux meneurs du jeu sur le Maïdan étaient nos amis américains

Le président russe Vladimir Poutine Source: RIA NOVOSTI
Le président russe Vladimir Poutine

Dans le documentaire «Crimée : la voie vers la Patrie», le président russe est revenu sur le coup d’Etat de Maïdan, sur ce qui aurait pu se passer avec Viktor Ianoukovytch et sur la décision de donner à la Crimée une chance de rejoindre la Russie.

Les Etats-Unis étaient les vrais marionnettistes du coup d’Etat en Ukraine. Cette déclaration a été faite par le président russe  dans le documentaire «Crimée : la voie vers la Patrie» diffusé sur la chaîne Rossiya 1.

«La subtilité du plan consistait à ce que, formellement, l’opposition en Ukraine soit tout d’abord soutenue par les Européens. Mais nous savions bien - nous ne nous en sommes pas seulement rendus compte, nous le savions - que les principaux meneurs du jeu étaient nos amis américains. Ce sont eux qui ont aidé à préparer les bataillons nationalistes, leur entraînement était en cours en Ukraine occidentale, en  et en Lituanie. Comment se sont comportés nos partenaires ? Ils ont mis en place les conditions d'un coup d’Etat, ils ont pris le parti de la force», a expliqué le président.

«Je ne crois pas que ce soit la meilleure façon de gérer ses affaires sur la scène internationale en général et dans les pays post-soviétiques en particulier», a-t-il commenté.

De plus, Vladimir Poutine a indiqué que les organisateurs du coup d’Etat avaient l’intention d’éliminer physiquement Viktor Ianoukovytch, alors président du pays : «J’ai invité les commandants de nos forces spéciales et des hauts responsables du ministère de la Défense au Kremlin et je leur ai confié la tâche de préserver la vie du président ukrainien qui courait un risque imminent. Nos services de surveillance radio ont commencé à surveiller le déplacement du cortège présidentiel et, chaque fois que Ianoukovytch répondait au téléphone, on déterminait sa localisation», a indiqué le président en parlant de l’évacuation de Ianoukovytch.

«Des mitrailleuses lourdes avaient été positionnées pour ne pas éterniser la conversation. Nous nous tenions prêts à l'extraire de  par la terre, par la mer et en avion».

Vladimir Poutine a remarqué qu’avant recourir à des moyens d'actions tels que ceux employés à Kiev les 21 et 22 février 2014, «il faut penser aux conséquences que le pays subira et comprendre de quoi sont capables les personnes disposées à régler leurs comptes politiques d'une telle manière».

«Il est facile de mettre tout sens dessus-dessous. Toutefois il faut prendre en compte les intérêts légitimes de ses partenaires si on veut que les relations soient respectueuses», a continué Vladimir Poutine.

A propos de la Crimée

Vladimir Poutine, dans le documentaire, reconnaît s'être occupé personnellement de la sécurisation de la péninsule, ce qui aurait donné un avantage d'efficacité à la Russie.

«Savez-vous en quoi consistait notre avantage ? C’est le fait je m’occupais moi-même de ce processus. Je ne veux pas dire que je faisais tout comme il faut, mais quand ce sont les personnes au sommet de l'Etat qui s'activent, cela devient plus facile pour les exécutants de faire leur travail», a-t-il indiqué. «Ils sentent, ils comprennent et ils savent qu’ils exécutent un ordre, ils ne commettent pas de voie de fait. En revanche, quand la structure étatique est en décomposition ou en quasi décomposition, les ordres peuvent ne pas être envoyés, ou ne pas atteindre leurs destinataires ou voir leur légitimité contestée», a-t-il commenté.

Le président a souligné que la Russie ne pensait pas à «l’incorporation de la Crimée» jusqu’au début du coup d’Etat en Ukraine. «Nous ne pouvions pas laisser tomber ce territoire et les habitants qui habitent là-bas entre les mains des nationalistes», a dit le président.

«J’ai donné les instructions appropriées, j’ai annoncé ce que nous allions faire et comment nous allions le faire, mais j’ai tout de suite prévenu que nous allions le faire à condition d’être absolument sûrs que les habitants de la  eux-mêmes le veulent», a-t-il précisé.

Vladimir Poutine a noté que le nombre réglementaire de militaires dans la base navale de la mer Noire en Crimée n’a pas été dépassé. «On n’a pas eu besoin de tirer parti de l'autorisation du Conseil de la Fédération à introduire nos troupes en Ukraine, je n’ai pas cherché de détours. Selon l’accord international concerné, nous avions le droit de maintenir 20 000 hommes dans notre base militaire en Crimée, et même un peu plus. Et malgré les affectations supplémentaires, il y avait moins de 20 000 militaires russes en Crimée», a déclaré Poutine.

«Vu que nous n’avons pas dépassé la quantité du personnel réglementaire dans notre base en Crimée, nous n'avons enfreint aucune disposition au sens strict. Et nous n’avons pas introduit de contingents additionnels», a-t-il signalé.

Vladimir Poutine a indiqué que, pour désarmer les 20 000 militaires ukrainiens stationnés en Crimée, des agents de reconnaissance militaire et des soldats d’infanterie de la Marine ont été disposés sous couvert de renforcement de la garde des objets militaires russes.

«Afin de bloquer et de désarmer 20 000 soldats il faut, bien sûr, mobiliser un personnel particulier, pas seulement du point de vue de la quantité mais aussi du point de vue de la qualité. Nous avions besoin de militaires spécialisés. C’est pourquoi j’ai donné des ordres et des instructions au ministère de la Défense en vue d’y envoyer des forces spéciales de reconnaissance, des marines, et des parachutistes - le tout sous couvert de renforcement de la garde de nos objets militaires en Crimée, il ne faut pas le cacher», a raconté le président.

«Le sang ne devait en aucun cas être versé. Et il importait de donner aux habitants, comme je l’ai déjà dit, la chance d’exprimer leur volonté», a souligné le président.

Selon Vladimir Poutine, les missiles de défense côtière «Bastion» déployés sur la péninsule ont  été consciemment disposés de sorte qu’on puisse les voir depuis l’espace.

«Cela ne pouvait pas être fait sans l’aval d’une autre personne que le Commandant en chef des armées [c’est-à-dire le président de la Fédération de Russie, ndlr]. “Bastion” est un système défensif qui protège la côte, qui protège le territoire. Il n’attaque personne, mais c’est une arme efficace, moderne et précise que personne d'autre ne possède actuellement. C’est probablement le missile côtier le plus efficient à l’heure actuelle. Ainsi, pour qu'on comprenne que la Crimée est bien protégée, nous y avons envoyé ces systèmes côtiers “Bastion” - a raconté Poutine - En outre, nous avons tourné ces systèmes de manière à ce qu’on les voie de l’espace».

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