Canada : des milliers de citoyens mobilisés contre le projet de loi antiterroriste C-51 (VIDEO)

Capture d'écran d'une vidéo de Brent Morton
Capture d'écran d'une vidéo de Brent Morton

Le débat sécuritaire va bon train au Canada où un projet de loi qui donnerait davantage de pouvoirs à la police et aux services de renseignement en matière de détention de personnes soupçonnées d'activités terroristes est dénoncé dans la rue.

«Plus de 70 communautés» partout au  ont participé aux manifestations dans le cadre de la journée d'action du samedi 14 mars, lit-on sur stopc51.ca, le site internet du mouvement .Les rassemblements les plus massifs ont été rapportés à Montréal, Toronto, Vancouver, Ottawa et Halifax.

«Je suis vraiment inquiet au sujet de l’avenir de notre démocratie, ce pays évolue dans la mauvaise direction, [le Premier ministre Stephen Harper] se dirige vraiment dans la mauvaise direction», a dit au journal The Star le manifestant Stuart Basden de Toronto où des milliers d’habitants sont descendus dans les rues.

«La liberté d’exprimer un avis contraire est en danger… C’est un projet de loi vraiment terrifiant, un simple post sur internet suffira pour être pris pour cible», a ajouté Basden.

Le gouvernement conservateur au pouvoir, qui a introduit le projet loi en janvier, le justifie au nom de la sécurité des Canadiens.

Un projet de loi jugé trop vague

Le projet de loi, selon les manifestants dans tout le Canada, viole les libertés civiles et le droit au respect de la vie privée en ligne.

Le manifestant Holley Kofluk a dit à CBC News que la législation «manquait de précision… Son ambigüité met les gens dans une situation fragile et vulnérable».
Jim Pinkerton, un des organisateurs des manifestations à Collingwood, a déclaré à QMI Agency qu’il voudrait que les autorités canadiennes «proposent un nouveau projet de loi C-51 avec des garanties correctes et un contrôle rigoureux».

«Nous voulons que le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) soit responsable. Ce n’est pas bon pour le SCRS d’agir comme la police ainsi que le veut le projet de loi C-51. Nous demandons un encadrement du SCRS, les Canadiens le méritent», a dit Pinkerton.

La Journée d’action est soutenue par plus de 30 groupes de défense des libertés, y compris Amnesty International Canada, LeadNow, OpenMedia, Canadian Journalists for Free Expression, le Conseil des Canadiens et autres.

Le projet de loi inquiète dans la mesure où il accorde des pouvoirs supplémentaires aux forces de police et aux services de renseignement qui seraient habilités à échanger des informations et à placer des terroristes présumés en détention sur le fondement de simples soupçons.

«Ce projet de loi prend pour cible de façon disproportionnée les communautés indigènes, les militants écologistes, les contestataires, les musulmans... Nous sommes nombreux à avoir déjà fait l’expérience des prérogatives discutables et exagérées des forces de l’ordre dans ce pays et nous craignons que les violations des droits de citoyens pacifiques, avec ce texte, soient facilitées et légalisées», lit-on sur le site StopC51.ca.

Gouvernement canadien : «les Canadiens comprennent que liberté et sécurité vont de pair»

Jeremy Laurin, porte-parole du ministre de la Sécurité Publique Steven Blaney, a défendu samedi le projet de loi sur CBC News et annoncé que le gouvernement «rejette l’argument selon lequel chaque fois que nous parlons de sécurité, nos libertés sont en péril».

«Les Canadiens comprennent que liberté et sécurité vont de pair et attendent que nous protégions les deux. Dans ce projet de loi, il y a des garde-fous prévus expressément à cet effet», a assuré Laurin.

Le secrétaire parlementaire de Steven Blaney, Roxanne James, s’est également employée à justifier l’initiative du ministre et s’est engagée à répondre à toute question ou inquiétude sur la loi proposée.

«La plupart des Canadiens admettent que, si une branche du gouvernement reçoit une information pertinente en matière de sécurité nationale et de protection de nos citoyens, elle doit la transmettre aux agences de sécurité nationale», a expliqué James.

«C’est précisément ce que le projet de loi C-51 ferait, et je suis satisfaite de la réponse que nous apportons à ces préoccupations».

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