Etats-Unis : les républicains tentent de dissuader Téhéran de négocier avec Obama

Le président américain Barack Obama Source: RIA NOVOSTI
Le président américain Barack Obama

Une lettre envoyée par le comité central du parti républicain à l’Iran met en garde ce dernier contre un accord avec Obama sur le nucléaire. Le président a condamné cet acte devant le Sénat vendredi, un sondage récent le conforte dans ses positions.

Envoyée aux dirigeants de la République islamique , la lettre signée par 47 sénateurs républicains a été vue comme un affront à l’autorité du président Obama dans les négociations nucléaires avec Téhéran. La lettre stipule qu’un accord nucléaire conclu sans l’approbation du Congrès pourrait ne pas être prolongé après l’administration Obama et que le programme nucléaire iranien reste au centre d’une critique montante du peuple américain, des responsables militaires et des dirigeants européens.

Lors d’une interview pour Vice News, le président américain a dénoncé une intrusion des sénateurs dans les domaines sensibles de la politique extérieure américaine et un manque de respect envers rôle de la présidence. «Ce n’est pas comme ça les Etats-Unis mènent leurs affaires», a-t-il souligné.

En savoir plus : Iran : Le groupe 5+1 négocierait la levée des sanctions en cas d’accord sur le nucléaire

«Je suis embarrassé pour eux», a-t-il dit à Shane Smith, fondateur de Vice. «Ils ont envoyé la lettre directement à l’ayatollah, le leader suprême de l’Iran et l'ennemi mortel de l'Amérique à leurs yeux, et leur argument de base est : “ne faites pas d’affaires avec notre président, parce que vous ne pouvez pas lui faire confiance en ce qui concerne l’application de l’accord”… C’est sans précédent».

Parmi les signataires qui ont rejoint le sénateur et auteur de la lettre Tom Cotton figuraient des membres de la présidence du Sénat républicain tels que Charles Grassley, Lindsey Graham et John McCain ainsi que des candidats potentiels aux présidentielles de 2016 tels que Ted Cruz, Marco Rubio et Rand Paul.

Autres soutiens de taille à la lettre : l’ex-gouverneur du Texas Rick Perry, un autre candidat pressenti pour les présidentielles de 2016, le gouverneur de la Louisiane Bobby Jindal et l’ex-sénateur de la Pennsylvanie Rick Santorum.

Das un sondage de HuffingtonPost/YouGov, 42 % des 1000 adultes américains interrogés ont trouvé la lettre inappropriée.

Quand on leur a demandé s’ils se fiaient à  concernant l’accord nucléaire avec l’Iran, 36 % ont répondu positivement contre 31 % qui s’en remettraient aux républicains. Les autres 33% sont indécis. Le sondage a été conduit les 10 et 11 mars.

Plus tôt cette semaine, le secrétaire d’Etat John Kerry a dit aux membres du Congrès qu’il était dans une profonde incrédulité concernant la lettre qu’il a qualifiée d’inexacte et d’irresponsable.

L’ancien major-général Paul D. Eaton a déclaré au Washington Post que les sénateurs républicains se comportent comme des «mutins».

«Je ne crois que les sénateurs ont essayé de discréditer les Etats-Unis. Je pense, en revanche, qu’ils ont défié la chaîne de commandement et que cela pourrait être considéré comme un acte illégal», a dit Easton au quotidien.

«La démarche du sénateur Cotton est une grave violation disciplinaire. Comme vétéran de l’armée, il devrait savoir qu’en s'adressant directement à un autre Etat de cette manière, en sapant la stratégie et le travail de nos diplomates et de notre commandant en chef, il ébranle la discipline et la structure dont dépend la réussite de notre politique étrangère».

Le leader suprême iranien Ali Khamenei a condamné la lettre des sénateurs en disant que «la partie adverse est connu pour son opacité, ses tromperies et ses coups de poignard dans le dos», a rapporté l’agence de presse Mehr.

L’état actuel d’avancement des pourparlers nucléaires avec Téhéran reste à éclaircir. Les fuites relayées par la presse ces dernières semaines indiquent qu’il est question de permettre l’Iran de développer son programme nucléaire civil sous surveillance très stricte, ce qui rendrait l’élaboration d’une arme nucléaire quasiment impossible.

Les négociations sur le programme nucléaire de l’Iran doivent se poursuivre la semaine prochaine en .

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