Les prisonniers de Guantanamo lancent leurs défections sur les gardiens

Le camp de Guantanamo (capture d'écran d'une vidéo de RT)
Le camp de Guantanamo (capture d'écran d'une vidéo de RT)

Les prisonniers détenus dans le centre de détention de Guantanamo en sont venus à attaquer leurs gardiens avec leurs défections, a annoncé le général de la marine John Kelly devant le comité du Sénat.

John Kelly a décrit ces attaques jeudi lors d’un point de presse. «Ils [les prisonniers] préparent un cocktail, en général avec des excréments, de l’urine, du sperme, des vomissures… Lorsqu’un gardien approche pour, par exemple, sortir les ordures… ils les éclaboussent avec».

Selon le général, ce sont les prisonniers détenus dans des cellules individuelles qui sont les auteurs de ces attaques, qui ne s’arrêtent pas aux défections corporelles.

«Parfois, un prisonnier semble être disposé à coopérer pendant une très longue période et à la première occasion, il donne un coup de genou dans l’aine ou essaie de arracher l’œil de son orbite [du personnel de la prison]», a expliqué le général.

«Sans aucun doute, le président veut fermer le camp de , mais jusqu’à ce que cela soit fait, je vais prendre dignement soin de ces prisonniers en prenant en compte chacun de leurs besoins», a assuré John Kelly, qui assume également les fonctions de président de l’Agence de la coopération dans le domaine de défense et de sécurité du ministère américain de la Défense.

En 2009, le président Obama a plaidé en faveur de la fermeture de Guantanamo mais le gouvernement américain continue d’empêcher les avocats des détenus d’accéder à la prison et de parler librement avec leurs clients. 122 personnes au total restent actuellement détenues dans le camp de Guantanamo, sans charge d’accusation officielle ou décision de justice pour la majorité d’entre eux.

Le statut des prisonniers aurait dû être révisé en 2009 en vertu d'un décret et le camp aurait dû être fermé. Depuis, le nombre de détenus a diminué de moitié mais les défenseurs des droits de l’homme et autres observateurs ne cessent d’appeler à une fermeture complète.

La prison s’est avérée «extrêmement utile» pour héberger des réfugiés, en particulier en provenance d’Haïti et de , selon John Kelly.

Vendredi, Kelly a également annoncé qu’environ 100 combattants antillais supposés sont partis pour combattre aux côtés de Daesh et qu’ils pourraient revenir aux Etats-Unis.

Le général a refusé de donner un délai pour le démantèlement de la prison.

Guantanamo continue de susciter d’importantes critiques pour ses conditions de détention inhumaines, les méthodes d’interrogations douteuses qui y sont pratiquées, comme le gavage, souvent considéré comme de la torture ; pour le fait que les avocats n’aient pas accès à leurs clients et pour le fait qu’aucune charge officielle ne soit retenue contre la majorité des prisonniers.

Le rapporteur spécial de  sur la torture, Juan E. Mendez, a fustigé les Etats-Unis pour leur refus de laisser les avocats communiquer avec leurs clients. Les demandes réitérées du rapporteur pour visiter les prisons américaines avec des détenus à l’isolement ont régulièrement été refusées. Juan E. Mendez n’a pas pu obtenir l’autorisation de visiter le camp de Guantanamo depuis 2004.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Social comments Cackle
Enquêtes spéciales