Ashton Carter : l’essor de la Russie et de la Chine défie l’ordre mondial

© Carlos Barria Source: Reuters

Même si les Etats-Unis ne recherchent pas une nouvelle guerre froide, ils sont déterminés à s’opposer à la montée des puissances globales, en particulier la Russie et la Chine, pour défendre «l’ordre mondial» qu’ils dominent.

Lors de sa dernière intervention à la Librairie présidentielle Ronald Reagan, le secrétaire à la Défense des Etats-Unis a accusé la Russie d’«avoir violé la souveraineté» d’alliés des Américains. Il a aussi inscrit la Russie et la Chine sur la même liste que Daesh.

«Les éléments terroristes tels que Daesh sont entièrement opposés à nos valeurs. Mais d’autres défis sont plus complexes et vue leur taille et leur potentiel, ils sont potentiellement plus dangereux», a précisé Ashton Carter.

«Certains acteurs affichent leur intention d’éroder ces valeur et d’affaiblir l’ordre international qui aide à les faire respecter… Mais bien sûr, ni la Russie, ni la Chine ne peuvent renverser cet ordre même si tous deux représentent pour lui des défis différents», a poursuivi Ashton Carter.

D’après lui, la Russie et la Chine menacent le «leadership des Etats-Unis» et ce que le secrétaire à la défense appelle leur «intendance de l’ordre mondial» lorsqu’elles se réaffirment sur la scène internationale comme de sérieuses puissances militaires.

Ashton Carter est persuadé que leurs activités «préoccupantes» sont visibles à tous les niveaux, en mer, au sol, dans les airs et même dans le cyberespace. Il a même déclaré que le comportement nucléaire russe posait «des questions sur la détermination des dirigeants russes à la stabilité stratégique, leur respect des normes prévues pour la non utilisation des armes nucléaires et s’ils respectaient l’extrême prudence dont les dirigeants de l’ère atomique ont fait preuve en brandissant ces armes». 

On ne sait pas à quel «brandissement» Ashton Carter veut faire allusion mais ce sont les Etats-Unis qui ont décidé de déployer des bombes nucléaires dernier cri sur la base aérienne de Büchel en Allemagne dans le cadre d’un programme d’échange nucléaire entre les membres de l’OTAN. D’après ce programme, les puissances de l’OTAN qui ne possèdent pas d’armes nucléaires hébergent plus de 200 têtes nucléaires américaines. 

Le Kremlin a déclaré que ces ogives nucléaires américaines déployées en Europe perturbait l’équilibre stratégique dans la région et contraindrait la Russie à prendre des mesures similaires. «Malheureusement, c’est un pas supplémentaire, et un pas très sérieux, en direction d’une augmentation des tensions sur le continent européen. Il pourrait mener à la destruction de l’équilibre stratégique en Europe. Pour cette raison, cela forcerait incontestablement la Russie à répliquer par des mesures similaires pour restaurer l’équilibre et la parité», a précisé le porte-parole du président russe Dimitri Peskov, en septembre dernier. 

Du côté américain, on prône le raisonnement inverse, Ashton Carter déclarant que Moscou avait forcé Washington, contre sa volonté, à entrer dans une nouvelle course aux armements.

«Nous ne cherchons pas ni la guerre froide, ni la guerre chaude avec la Russie. Nous ne voulons pas que la Russie soit notre ennemi. Mais les Etats-Unis défendront leurs intérêts, leurs alliés, leurs ordre international principal et leur future positive», a-t-il conclu.

En plus, d’après l’intervention de Carter, la cause de tous les maux en Europe est la Russie car elle inflige des conflits. «En Europe, la Russie a violé la souveraineté de l'Ukraine et de la Géorgie et intimide activement des Etats baltiques. En même temps, la Russie lance en Syrie l’essence sur le feu très dangereux. Elle allonge la guerre civile qui alimente des extrémistes auxquelles la Russie s’oppose», a-t-il précisé. 

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