La force de l'ONU au Darfour reste impuissante face aux viols commis par l'armée soudanaise

Dans le village de Tabit, près de 200 femmes auraient été violées. Source: Reuters
Dans le village de Tabit, près de 200 femmes auraient été violées.

Malgré la très forte présence sur place, la Minuad, force d'interposition de l'ONU, semble incapable d'éviter les attaques contre les civils au Darfour. Certains viols ont même été constatés à proximité de ses bases.

L’ONU fermerait-elle les yeux sur certains agissements des ses troupes au Darfour. C’est en tout cas ce qu’affirme un article du quotidien anglais The Independant. Un an après la révélation d’une importante affaire de viol, le journal anglais estime que rien n’a changé.

En novembre 2014, 200 femmes et filles auraient ainsi été violées dans le village de Tabit, au nord du Darfour, par les forces soudanaises. Selon les habitants, les soldats de la Minuad, la force d'interposition des Nations unies déployée dans la région, auraient fermé les yeux sur ces crimes. Human Rights Watch semble en tout cas avoir recueilli de nombreux témoignages allant dans ce sens, affirme The Independant.

Si des enquêteurs de l'ONU ont tenté de mener une enquête suite à ces accusations, il semble que, sur place, rien n’a changé depuis l’an passé. Selon le quotidien anglais, la situation serait même pire. Les habitants auraient été forcés de se taire et de ne pas parler aux enquêteurs de l’ONU.

Après que des checkpoint ont été installés, un habitant parle même de Tabit comme «d’une prison à ciel ouvert». Un travailleur humanitaire affirme même que «quiconque est soupçonné de travailler pour une ONG ne peut accéder à la ville».

De plus, la justice ne s’est toujours pas saisie des viols commis l’an passé. La Minuad affirme ainsi ne pas avoir pu prouver qu'il y ait eu des viols en masse alros que la Radio Dabanga, basée au Pays-Bas et qui a de nombreuses sources au Darfour, rapporte que 49 autres viols auraient eu lieu depuis l’an dernier.

Enfin, selon The Independant, la Minuad serait impuissante à empêcher des exactions d'être commises à proximité de ses bases. Une femme raconte ainsi dans le journal anglais avoir été attaquée et violée après avoir trouvé refuge à l’extérieur d’une base de la force des Nations Unies. Pour les ONG présentes sur place, l'ONU ne semble pas encore avoir pris conscience de l'importance de la question des viols au Darfour. 

«L'ONU a adopté une position qui est celle du gouvernement : il n'y a pas de viols au Darfour», dénonce ainsi Aicha Elbasri, un ancien porte-parole de la Minuad. Ce dernier dénonce même la «conspiration du silence» qui remonterait jusqu'au sommet de l'Organisation des Nations unies et à Ban ki-Moon en personne. «Rien n'a changé, des crimes de guerre sont toujours dissimulés».

La Minuad est en place au Darfour depuis 2007, mais ses problèmes de financement ont limité son impact, déplorent des humanitaires sur place. Le conflit au Darfour aurait fait 200 000 victimes depuis quatre ans. 

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