Pour sa coopération avec les Frères musulmans, Cameron aurait perdu de juteux contrats avec les EAU

David Cameron et le prince d'Abu Dhabi© Paul Hackett Source: Reuters
David Cameron et le prince d'Abu Dhabi

En 2012, les Emirats Arabes Unis auraient annoncé à David Cameron que s'il continuait à traiter avec les frères musulmans, ils annuleraient un contrat d'armement d'une valeur d'1,5 milliards d'euros et cesseraient toute coopération avec le R-U.

Des documents que le Guardian a réussi à consulter auraient révélé que le prince héritier d'Abou Dhabi aurait demandé au Premier ministre britannique de défier le mouvement islamiste des Frères musulmans à l'époque où Mohamed Morsi, lui même membre de ce mouvement, avait accedé au pouvoir en Egypte en 2012.  

Dans une des correspondances, une phrase mentionnerait notamment que l'attitude du Royaume-Uni vis-à-vis du pouvoir nouveau égyptien de l'époque devait être très prudente : «dans votre enthousiasme pour répandre la démocratie, évitez de donner de l'oxygène à une force qui n'a pas encore montrée ce qu'elle était vraiment». 

Selon les documents révélés, il s'avère de fait que, si la Grande-Bretagne s'était conformée à ce «conseil» des EAU, elle aurait pu en échange bénéficier d'un important accord pétrolier lui permettant de forer le sol du golf où cette ressource est abondante. 

De plus, l'accord prévoyait également un «approfondissement des relations diplomatiques et militaires» avec notamment un juteux contrat de vente d'avions pour une valeur d'environ 8 milliards d'euros. 

Pourtant, en 2013, Abu Dhabi n'a finalement pas acheté les avions. La cause en serait que l'attitude du Royaume-Uni vis-à-vis des Frères musulmans n'avait pas bougé.  

Un rapport du gouvernement publié en Mars 2013 avait même conclu que les Frères musulmans ne devaient pas être classés comme «organisation terroriste».

Cameron aurait alors été accusé par les EAU de rester immobile face à leur demande en raison de pressions de la part de l'Egypte et de l'Arabie saoudite, Abu Dhabi déplorant que les Frères musulmans étaient «enracinés» dans la société britannique.

L'ancien ministre des Affaires étrangères Sir Malcolm Rifkind a déclaré à The Independent à l'époque: «Nous avons un grand nombre de gouvernements amis qui sont farouchement opposés aux Frères musulmans. Pour d'autres c'est le contraire». 

En savoir plus : «Fin de la tutelle des pétromonarchies sur l’Egypte»

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