Guerres au Moyen-Orient, crise migratoire, les enfants aux premières lignes

Des enfants syriens réfugiés en Slovénie© Srdjan Zivulovic Source: Reuters
Des enfants syriens réfugiés en Slovénie

Les ONG tirent la sonnette d'alarme. Les enfants sont les premières victimes des conflits. Plus encore, la crise migratoire qui touche l'Europe a mis en lumière le sort des enfants, entre violence et danger.

Selon les chiffres recueillis par ces organisations caritatives, les demandes d'asile des enfants atteignent en Europe 700 par jour. Au total ce sont 190 000 enfants qui ont été enregistrés en tant que demandeurs d'asile. C'est plus du double par rapport à l'année 2014, où le chiffre était déjà de 98 000.

Des violences multiples contre les enfants

L'UNICEF a appelé par exemple le Royaume-Uni à agir, d'autant que l'hiver approche. Elle demande également la protection des enfants contre la violence deviennent une priorité. Quant aux réfugiés, l'objectif britannique d'accueillir 4 000 réfugiés cette année ne semble pas suffisant aux yeux des associations.

Les chiffres sont effectivement alarmants : Un enfant sur 10 dans le monde grandit maintenant dans une zone de conflit, soit quelque 230 millions d'enfants. En Syrie, c'est un enfant sur cinq qui a été forcé de traverser une zone de conflit, simplement pour aller à l'école ou passer des examens.  

Au Yémen, 573 enfants ont été tués depuis mars dernier. De plus en plus d'enfants yéménites travaillent. Plus encore, de nombreux cas de violence sexuelle contre les filles sont répertoriés.

Selon les ONG, il y a un manque «scandaleux» de contrôle dans les centres d'asile, les autorités surchargées font face à des milliers de réfugiés qui arrivent en Europe. L'UNICEF a également pointé un regain d'inquiétude sur la sécurité des enfants non accompagnés qui arrivent en Europe. Un enfant a ainsi été enlevé dans un centre de réfugiés, abusé puis tué. L'Allemagne s'inquiète que des délinquants sexuels aient accès aux camps de réfugiés.

Selon Save the Children, plus de 13 000 enfants non accompagnés sont arrivés en Italie en 2014. Ce chiffre devrait doubler cette année, les enfants arrivant désormais via la Grèce et par les Balkans.

L'inquiétude monte également parmi les travailleurs humanitaires qui exercent dans les Balkans, en raison de l'approche de l'hiver, ce qui risque d'augmenter les décès chez les jeunes enfants qui voyagent à travers l'Europe.

Des enfants syriens apatrides

Quant à l'ONU, c'est la situation juridique des enfants qui la tourmente. Selon l'organisation mondiale, toutes les 10 minutes naît quelque part dans le monde un enfant sans nationalité. Ce problème est exacerbé par le conflit en Syrie. Plusieurs centaines de milliers d'entre eux, sans oublier les femmes donnant naissance en chemin, ont aussi fui en Europe. Or, dans le Droit syrien, les enfants ne peuvent acquérir la nationalité que par leur père. Mais le conflit ayant laissé près de 25% des ménages de réfugiés syriens sans père en mesure d'attester la nationalité, la production d'un certificat de naissance reste le seul moyen de prouver la citoyenneté d'un enfant. L'enregistrement de la naissance revêt une importance vitale pour ces enfants réfugiés syriens nés dans des pays d'asile et dont beaucoup ont été séparés de leurs parents ou de leurs familles.

L'organisation appelle les Etats à permettre aux enfants d'obtenir la nationalité du pays dans lequel ils sont nés, à abroger les lois qui empêchent les mères de transmettre leur nationalité, à supprimer les lois et les pratiques discriminatoires et à garantir l'enregistrement universel des naissances. L'ONU souhaite éliminer le statut d'apatride d'ici à 2024. 

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