Etats-Unis : s'opposer à une extension de l'OTAN revient-il à renoncer aux «valeurs américaines» ?

Le logo de l'OTAN sur un uniforme pendant un exercice militaire annuel de l'alliance à Adazi, en Lettonie, le 29 novembre 2021 (image d'illustration).© Gints Ivuskans Source: AFP
Le logo de l'OTAN sur un uniforme pendant un exercice militaire annuel de l'alliance à Adazi, en Lettonie, le 29 novembre 2021 (image d'illustration).
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En mettant en cause une éventuelle adhésion de l'Ukraine à l'OTAN, un sénateur républicain s'est attiré les foudres de la Maison blanche qui lui a reproché de ne pas être aligné sur des «valeurs américaines bipartisanes de longue date».

Dans une lettre adressée le 1er février au secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, le sénateur républicain Josh Hawley a remis en question ce qu'il a décrit comme «le soutien de l'administration Biden à une éventuelle adhésion de l'Ukraine à l'OTAN». Il a ainsi pointé l'enjeu sécuritaire pour «la région de l'Atlantique Nord» que pourrait soulever un tel élargissement de l'alliance politico-militaire.

L'ancien procureur général du Missouri a d'une part évoqué l'épineux dossier ukrainien susceptible, selon lui, d'aboutir à une guerre contre la Russie ; et, d'autre part, défendu la nécessité pour Washington, à ses yeux, de développer ses efforts en Indo-Pacifique pour s'y attaquer à ce qu'il a qualifié d'«hégémonie chinoise».

Vous ne vous alignez [donc] pas sur les valeurs américaines bipartisanes de longue date

En outre, l'élu républicain a émis des réticences sur le fait d'intégrer un nouveau pays à l'alliance atlantiste au sein de laquelle il a reproché à certains alliés de ne pas respecter leurs engagements concernant leur participation financière. Le sénateur a alors adressé au secrétaire d'Etat américain une série de questions sur le sujet, pour lesquelles il a exprimé sa volonté de recevoir une réponse écrite. Dans le contexte de crise diplomatique majeure que constitue le dossier ukrainien, la démarche de Josh Hawley n'est pas passée inaperçue puisque, comme le rapporte la télévision américaine, elle a entre autres donné lieu à une sévère réponse de la part de la porte-parole de la Maison blanche, Jen Psaki, qui a reproché au sénateur de «se contenter de digérer la désinformation russe et de répéter comme un perroquet les points de vue de la Russie».

Une politique étrangère américaine allergique à la critique ?

«Vous ne vous alignez [donc] pas sur les valeurs américaines bipartisanes de longue date», a-t-elle poursuivi, assurant que celles-ci consistaient en premier lieu à «défendre la souveraineté de pays comme l'Ukraine, mais aussi d'autres pays, leur droit de choisir leurs propres alliances». Une ligne qui conduit Washington «à s'opposer, très clairement, aux efforts, aux tentatives ou aux tentatives potentielles de tout pays d'envahir et de prendre le territoire d'un autre pays», a encore estimé la représentante de la présidence américaine.

Fait notable, l'épisode survient au moment même où la Maison blanche a fait savoir qu'elle ne décrirait plus comme «imminente» une potentielle invasion russe de l'Ukraine. Une hypothèse qui, abondamment relayée dans le paysage politico-médiatique occidental ces dernières semaines – et par ailleurs démentie avec force par la diplomatie russe à de multiples reprises –, ne correspondrait désormais plus au «message» que souhaite véhiculer l'administration américaine.

Quoi qu'il en soit, la réponse sèche qu'a apportée la présidence des Etats-Unis au sénateur qui l'a sollicitée sur le sujet s'inscrit dans une rhétorique accusatoire visant à décrédibiliser une certaine remise en question de la politique étrangère américaine sur le dossier ukrainien. Ainsi, l'épisode n'est pas sans rappeler les virulentes charges dont a récemment fait l'objet le journaliste vedette de Fox News, Tucker Carlson, après avoir exprimé son opposition au potentiel engagement de son pays dans un conflit armé avec la Russie. Une telle position lui a notamment valu d'être accusé par ses détracteurs de «travailler pour l'ennemi».

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