Les laboratoires limitent l'accès au vaccin pour les migrants par peur des procédures judiciaires

Les laboratoires limitent l'accès au vaccin pour les migrants par peur des procédures judiciaires© Francis Kokoroko Source: Reuters
Des vaccins AstraZeneca à Accra, au Ghana, le 7 mai 2021 (image d'illustration).
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Selon l'ONU et le programme Covax, l'accès aux vaccins contre le Covid-19 est limité pour environ 167 millions de migrants car les principaux fabricants refusent d'assumer les risques juridiques en cas d'effets secondaires après injection.

Des dizaines de millions de migrants pourraient se voir refuser les vaccins contre le Covid-19 à cause des craintes de certains des fabricants, qui s'inquièteraient des risques juridiques liés aux effets secondaires de leurs produits, a rapporté Reuters le 16 décembre. L'agence britannique a eu accès à des documents internes de Gavi Alliance, une organisation internationale qui co-dirige avec l'OMS le programme Covax, visant à répartir équitablement les vaccins dans le monde.

Or deux ans après le début de la pandémie, seuls 7% environ des habitants des pays à faible revenu ont reçu une dose. En cause, les retards de livraison de vaccins liés à des problèmes de production et la constitution de réserves vaccinales par les pays riches, mais aussi certaines préoccupations juridiques. Car de nombreux fabricants de vaccins contre le Covid-19 auraient exigé que les pays assument les risques pour tout événement indésirable subi par les individus à la suite des vaccins, selon l'ONU.

Mais dans les territoires où la couverture vaccinale n'est pas assurée par le gouvernement, avec d'importants déplacements de populations (par exemple, précise Reuters, en Birmanie, en Afghanistan et en Éthiopie du fait de crises locales), les entités qui prennent le relais – principalement des ONG – ne peuvent supporter ces risques juridiques. Les livraisons ne peuvent donc être effectuées pleinement que si les fabricants de vaccins en assument la responsabilité, selon les documents de Gavi Alliance, un partenariat public-privé créé en 2000 qui chapeaute actuellement Covax.

Moderna, AstraZeneca et Pfizer ciblés par Covax

En conséquence, d'après Reuters, les laboratoires qui sont disposés à accepter ces conditions ne fournissent qu'une minorité des vaccins prévus par le programme Covax, selon des personnes proches du dossier et des documents rédigés par le personnel de Gavi dans le cadre d'une réunion du conseil d'administration fin novembre.

Ainsi, trois fabricants chinois de médicaments ont accepté d'assumer les risques juridiques : Sinovac Biotech, Sinopharm Group et Clover Biopharmaceuticals, selon le document de Gavi. Aux Etats-Unis, Johnson & Johnson a confirmé qu'il renoncerait à cette exigence d'indemnisation : «Nous sommes fiers de participer à cet effort pour protéger les personnes les plus vulnérables dans le monde», a déclaré Paul Stoffels, vice-président du comité exécutif. Cependant, moins d'un tiers des doses fournies par Covax proviennent de ces quatre entreprises, comme le montrent les données du programme.

Parmi les principaux fabricants, Moderna a refusé de commenter ces informations auprès de Reuters. AstraZeneca et Pfizer ont déclaré qu'ils étaient en pourparlers avec Gavi, mais ont refusé de commenter davantage. Tous trois ont assuré qu'ils étaient déterminés à mettre des doses à la disposition des pays les plus pauvres à des prix relativement bas. Pfizer a déclaré qu'il collaborait directement avec les gouvernements jordanien et libanais pour faire don de doses aux réfugiés.

Principalement en raison de ces problèmes juridiques, environ 167 millions de migrants risquent d'être exclus des programmes nationaux de vaccination, selon les données des Nations unies citées dans les documents. À moins que tous les laboratoires n'assument leur responsabilité légale, «l'accès aux vaccins pour certaines populations restera un défi», soulignent les documents de Gavi. La réticence des fabricants de vaccins à assumer les risques juridiques est «un obstacle majeur» pour une couverture vaccinale équitable dans le monde, a déclaré à Reuters un porte-parole de Gavi. En septembre, le PDG de l'Alliance Seth Berkley avait tweeté un appel aux fabricants de médicaments pour qu'ils renoncent à leurs exigences en matière d'indemnisation légale.

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