Voulant une sanction plus lourde, l'Ordre des médecins fait appel du blâme infligé à Didier Raoult

- Avec AFP

Voulant une sanction plus lourde, l'Ordre des médecins fait appel du blâme infligé à Didier Raoult© Gonzalo Fuentes Source: Reuters
Le professeur Didier Raoult lors d'une audition à l'Assemblée nationale à Paris, France, le 24 juin 2020.
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L'Ordre des médecins fait appel «a minima» du blâme infligé au professeur Didier Raoult pour avoir promu l'hydroxychloroquine comme traitement du Covid-19. Cela signifie qu'il demande l'aggravation de la sanction.

Le Conseil national de l'Ordre des médecins (CNOM) fait appel du blâme infligé le 3 décembre au professeur Didier Raoult pour avoir promu l'hydroxychloroquine comme traitement du Covid-19, a fait savoir le Conseil le 17 décembre dans un communiqué.

Cet appel est fait «a minima», a précisé le CNOM. Cela signifie qu'il demande l'aggravation de la sanction, ou à ce qu'elle demeure au minimum la même. Le blâme est la deuxième sanction en importance après le simple avertissement et avant les interdictions d'exercer, voire la radiation. Il avait été infligé au professeur Raoult en première instance par la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins de Nouvelle-Aquitaine. Les instances disciplinaires de l'Ordre des médecins sont indépendantes du Conseil national.

Cette chambre avait reproché au microbiologiste marseillais d'avoir communiqué «des informations qui ne s'appuyaient sur aucune donnée confirmée» en promouvant l'hydroxychloroquine comme traitement contre le Covid-19, selon le texte de la décision. Elle n'avait en revanche pas retenu les accusations de «charlatanisme» et de prises de «risque injustifié» pour avoir prescrit ce traitement à des patients, malgré son absence d'effet prouvé.

Directeur sortant de l'IHU Méditerranée Infection de Marseille, Didier Raoult était poursuivi par l'Ordre des médecins des Bouches-du-Rhône, puis par le CNOM. Ils lui reprochaient d'avoir enfreint plusieurs articles du code de déontologie médicale en promouvant et prescrivant un traitement à base d'hydroxychloroquine contre le Covid-19, malgré son absence d'effet prouvé. L'audience avait été dépaysée à Bordeaux.

«Le professeur Raoult a, au travers de différents médias et notamment sa propre chaîne au sein du média Youtube, donné des informations qui ne s'appuyaient sur aucune donnée confirmée, sans faire preuve de la prudence nécessaire alors qu'ont existé très rapidement de profondes incertitudes sur les traitements appropriés au Covid-19», avait jugé la Chambre disciplinaire dans sa décision. Elle avait considéré que Didier Raoult avait enfreint l'article 12 du code de déontologie qui oblige les médecins à communiquer avec «prudence» auprès du grand public et sur la base de «données» scientifiques «confirmées».

La chambre avait également estimé que Didier Raoult avait «divulgué dans les milieux médicaux un procédé nouveau de traitement insuffisamment éprouvé» sans les «réserves qui s'imposaient». Il a aussi «manqué à son devoir de bonne confraternité» en s'exprimant «de manière peu correcte, discourtoise, voire agressive" à l'encontre d'autres médecins, avait ajouté la chambre.

Pour Didier Raoult, «on fait le procès de la réussite»

Dans la foulée, l'avocat de Didier Raoult, Fabrice Di Vizio, avait estimé que cette «tape sur les doigts» était «une victoire» pour son client. Spécialiste reconnu des maladies tropicales, Didier Raoult a vu son image écornée dans la communauté scientifique mondiale par ses prises de position sur le Covid-19 qui lui ont valu de devenir l'égérie des «anti-système».

«On fait le procès de la réussite», s'était pour sa part défendu l’infectiologue marseillais il y a quelques semaines. «Ce sont les médecins qui se plaignent de nous, pas les patients», avait également rétorqué Didier Raoult, assurant avoir reçu «plus de 600 000 patients» au sein de l'IHU durant la crise sanitaire, «sans aucune plainte».

Depuis le début de la pandémie, la défense de l'usage de l'hydroxychloroquine contre le Covid par le professeur Raoult a suscité des polémiques dans le monde scientifique. En septembre 2020 par exemple, la Société de pathologie infectieuse de langue française avait dénoncé la promotion de ce traitement «sans qu'aucune donnée acquise de la science ne soit clairement établie à ce sujet, et en infraction avec les recommandations des autorités de santé», selon elle. 


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