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Selon Joe Biden, le déploiement de troupes américaines en Ukraine «n'a jamais été sur la table»

Joe Biden a confirmé avoir déclaré au président russe Vladimir Poutine qu'en cas d'«invasion» de l'Ukraine par la Russie, Washington déploierait des troupes dans les pays frontaliers membres de l'OTAN, mais pas en Ukraine même.

Selon des propos rapportés par l'agence de presse russe Tass, le président américain Joe Biden a déclaré à la presse qu'en cas d'invasion de l'Ukraine par la Russie, les Etats-Unis déploieraient des troupes dans les pays frontaliers membres de l'OTAN, mais pas en Ukraine même.

Dans une conférence de presse organisée le 11 décembre dans la ville de Wilmington, aux Etats-Unis, le président américain a ainsi affirmé avoir signifié à Vladimir Poutine le 7 décembre qu'en réaction à une «invasion» russe de l'Ukraine, Washington déploierait des troupes américaines dans les pays appartenant au groupe des «neuf de Bucarest», une initiative regroupant neuf pays d'Europe centrale et orientale membres de l'OTAN : Bulgarie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Roumanie, Slovaquie, République tchèque et Estonie. L’objectif du groupe est de coordonner les points de vue des pays participants sur les questions présentant un intérêt pour eux au sein de l'Alliance atlantique, et de soutenir des projets de sécurité conjoints.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles les Etats-Unis n'envisageaient pas de déployer des troupes en Ukraine, Joe Biden a déclaré qu'une telle option n'avait «jamais été sur la table». Dans le but de contrer la Russie, les Etats-Unis préfèrent donc miser sur une stratégie visant à renforcer «le flanc oriental» de l'OTAN, composé des «neuf de Bucarest», plutôt que d'intervenir directement en Ukraine. «Nous avons une obligation sacrée de les défendre [les neuf de Bucarest] contre toute attaque de la Russie», a affirmé le président américain.

Joe Biden a néanmoins expliqué que les Etats-Unis continueraient de soutenir militairement le peuple ukrainien, sans préciser la nature exacte de l'aide en question. Le président américain a également assuré avoir mis en garde Vladimir Poutine sur les conséquences économiques d'une intervention militaire en Ukraine. «Je l'ai dit clairement au président Poutine [...] Si la Russie envahit l'Ukraine, les conséquences économiques pour son économie seront dévastatrices», a-t-il déclaré.

Moscou dément toute intention belliqueuse depuis plusieurs semaines

Depuis plusieurs semaines, Kiev et certains de ses alliés, dont Washington, ont exprimé leurs craintes quant à des mouvements de troupes au sein du territoire russe, à proximité de la frontière ukrainienne. La Russie a balayé à plusieurs reprises les rumeurs sur des préparatifs d'invasion de l'Ukraine, tout en rappelant qu'elle prenait des «mesures pour assurer [sa] sécurité si nécessaire».

Lors de son entretien du 7 décembre avec Joe Biden, Vladimir Poutine avait de son côté exprimé son souhait de garanties formelles contre l'expansion de l'Alliance atlantique en direction des frontières russes, exigence régulièrement formulée par Moscou. «La Russie est sérieusement intéressée par l’obtention de garanties fiables et juridiquement fixées qui excluent l’extension de l’OTAN vers l’est et le déploiement de systèmes offensifs d’armement dans les Etats voisins de la Russie», avait ainsi rapporté un communiqué du Kremlin après la réunion virtuelle entre les deux chefs d'Etat. Le président russe avait également dénoncé auprès de son homologue américain les «dangereuses tentatives» de l'Alliance atlantique «d'exploiter le territoire ukrainien et d'y renforcer les capacités militaires [aux] frontières [de la Russie]».

La Russie a en outre fait part de ses propres inquiétudes concernant des manœuvres de navires militaires américaines en mer Noire, mer bordant les territoires russe et ukrainien. Dans ce contexte, Moscou estime qu'un engagement de Kiev à ne pas rejoindre l'OTAN contribuerait à faire décroître les tensions autour de l'Ukraine. Or, pour l'instant, ni Kiev, ni Washington ne souhaitent s'engager à signer un accord bloquant l'extension de l'Alliance militaire à l'est, même si la procédure d'adhésion de l'Ukraine à l'Alliance militaire occidentale, officiellement ouverte, piétine.