Liverpool : l'auteur présumé de l'attentat converti au christianisme pour éviter l'expulsion ?

- Avec AFP

Liverpool : l'auteur présumé de l'attentat converti au christianisme pour éviter l'expulsion ?© Oli SCARFF Source: AFP
Des membres de l'unité de déminage de l'armée travaillent près d'un cordon de police sur Sutcliffe Street, à Liverpool, le 17 novembre 2021.
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Demandeur d'asile irakien, l'auteur présumé de l'attentat de Liverpool s'était converti au christianisme – une pratique qui, selon la presse, constitue parfois une technique afin d'éviter l'expulsion.

Alors que les forces antiterroristes passent au crible le passé d'Emad Al Swealmeen – le demandeur d'asile irakien de 32 ans tué dans l'explosion d'un taxi survenue le 14 novembre à Liverpool devant un hôpital pour femmes – la presse britannique s'interroge sur la conversion au christianisme de ce dernier.

Plusieurs médias, dont le Telegraphrapportent ainsi qu'après être arrivé au Royaume-Uni en 2014 et le rejet de sa demande d'asile, Emad Al Swealmeen s'est converti au christianisme. Or la presse britannique souligne que de telles conversions peuvent constituer une technique employée par certains demandeurs d'asile pour appuyer leur démarche.

Sam Ashworth-Hayes, directeur d’études à la Henry Jackson Society, basée à Londres, explique ainsi dans les colonnes du quotidien : «Nous savons que les gens sont prêts à mentir pour obtenir l’asile, jusqu’à simuler des conversions religieuses. […] Alors que le ministère de l’Intérieur doit débusquer les faux convertis qui demandent l’asile, l’Eglise d’Angleterre a fait preuve d’une naïveté désespérante en acceptant tant de convertis issus de l’immigration et en leur offrant si facilement un soutien dans leurs demandes d’asile.»

Cible de nombreuses critiques à ce sujet, la cathédrale de Liverpool, où Emad Al-Swealmeen a été baptisé en 2015, a affirmé disposer de «procédures solides» permettant de s'assurer de la sincérité de la foi exprimée par les convertis, exigeant notamment une présence régulière aux offices et un apprentissage théorique. Des liens d'«au moins deux ans» avec un candidat à un titre de séjour britannique sont nécessaires avant de soutenir une demande.

«J'avais l'habitude de prier chaque jour une demi-heure au salon avec lui. Je ne pense pas qu'il simulait sa foi», a ainsi assuré au Telegraph Malcom Hitchcott, qui a hébergé Emad Al Swealmeen plusieurs mois. Selon lui, Emad Al Swealmeen avait été interné environ six mois en psychiatrie il y a quelques années après un incident dans le centre-ville impliquant un couteau.

Le système de demande d'asile mis en cause

Le ministre de l'Intérieur Priti Patel a pour sa part mis en cause tout le système de demande d'asile, que le gouvernement est en train de durcir considérablement par le biais d'une réforme critiquée par les organisations de défense des droits humains.

«L'affaire de Liverpool a montré à quel point le système souffre de dysfonctionnements», a-t-elle dénoncé, critiquant tout un secteur de services juridiques défendant les démarches des candidats à l'asile «aux frais des contribuables».

De son côté, la police britannique a fait savoir qu'Emad Al Swealmeen avait préparé son attaque depuis «au moins» sept mois. Selon la police antiterroriste, Emad Al Swealmeen avait loué en avril un logement à Liverpool et les achats des composants de l'engin explosif qu'il avait apporté dans le taxi «ont été réalisés au moins depuis ce moment», a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Selon des médias, les enquêteurs tentent notamment de déterminer si la charge explosive contenait du TATP, un explosif artisanal utilisé notamment lors de l'attentat contre une salle de concert à Manchester en 2017.

La police considère en l'état qu'il s'agit d'un attentat, même si selon les médias britanniques, aucun motif idéologique n'a été pour l'instant identifié. Si aucun nouvel élément n'a été rendu public concernant les motivations de l'attaque, la police a progressé dans son enquête pour établir le profil de l'auteur présumé. «Nos recherches ont montré qu'Al Swealmeen a souffert d'épisodes de maladie mentale, ce qui sera la base d'une partie de nos investigations», a-t-elle ajouté, avertissant que cela prendrait «du temps».  

Après cette attaque, le Royaume-Uni a relevé le 15 novembre à «grave» le niveau de la menace terroriste sur le sol britannique, un mois après le meurtre le 15 octobre du député David Amess pendant une permanence parlementaire à une soixantaine de kilomètres de Londres. 

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