Accusé de torture, l'ancien Premier ministre du Qatar tente d'utiliser son immunité diplomatique

Sheikh Hamad bin Jassim bin Jaber al-Thani, alias HBJ© Mohamad Dabbouss Source: Reuters
Sheikh Hamad bin Jassim bin Jaber al-Thani, alias HBJ

Hamad bin Jassim, Premier ministre entre 2007 et 2013, tente d’utiliser l’immunité diplomatique dont il bénéficie en Grande-Bretagne afin d’enrayer une affaire judiciaire qui l’accuse d’avoir torturé un citoyen britannique.

Le britannique Fawaz al-Attiya accuse des agents du Qatar de l’avoir séquestré arbitrairement à Doha pendant 15 mois, et soumis à la torture. Ceux-ci auraient agi sous les ordres du Premier ministre d’alors, Sheikh Hamad bin Jassim bin Jaber al-Thani, surnommé HBJ.

Niant les allégations, ce dernier s’apprêterait à faire jouer son immunité diplomatique pour contester la juridiction de la Cour de Londres, révèlent des documents judiciaires.

L’affaire, entamée par la justice du Royaume-Uni, porte sur un conflit de propriété entre HBJ et Attiya. Ce dernier possédait une terre qui lui avait été léguée par son arrière-grand-père, qui n’était autre que l’émir du Qatar.

Selon la défense, HBJ lui aurait proposé de racheter la terre de 20 000 mètres carré, située à l’ouest de Doha. Malgré le refus d’Attiya de vendre, l’ancien Premier ministre se serait emparé du bien. Il aurait ensuite fait subir au britannique des harcèlements, des menaces, et l’aurait placé sous surveillance, expliquent ses avocats.

Selon la même source, en 2009, Attiya, qui résidait alors en Arabie saoudite, aurait été emmené de force au Qatar, où il aurait été emprisonné dans différents centres de détention, et ce jusqu’en 2011. Pendant son séjour carcéral, il aurait été privé d’eau, de nourriture, et même de sommeil. Il fait état de «longues périodes assis sur le carrelage froid» menant à de sévères douleurs musculaires. Les charges contre le jeune homme auraient ensuite été abandonnées en janvier 2011, suite à quoi il a été libéré.

Celui-ci vit maintenant paisiblement dans une ferme près de Londres, mais espère bien, par ce procès, obtenir une compensation financière pour la terre qu’il a perdue au Qatar.

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