Gel des admissions de migrants aux Etats-Unis : tollé chez les démocrates et rétropédalage de Biden

- Avec AFP

Gel des admissions de migrants aux Etats-Unis : tollé chez les démocrates et rétropédalage de Biden© Mike BLAKE Source: Reuters
Un agent de la patrouille frontalière des Etats-Unis, à San Luis, en Arizona, le 7 août 2020 (image d'illustration)

Joe Biden a retardé son projet de forte augmentation du nombre de migrants admis aux Etats-Unis, et conserve pour l'instant le plafond historiquement bas fixé par Donald Trump, suscitant ainsi des critiques virulentes au sein du camp démocrate.

Le 16 avril, le président américain Joe Biden a retardé son projet visant à augmenter de façon importante le nombre de migrants admis aux Etats-Unis.

Il conserve pour l'instant le plafond historiquement bas de 15 000 personnes fixé par Donald Trump pour l'année budgétaire en cours, suscitant des critiques virulentes au sein du camp démocrate.

Face au tollé sans précédent dans son propre parti depuis son arrivée au pouvoir en janvier dernier, l'hôte de la Maison Blanche a immédiatement tenté de rétropédaler en assurant qu'il ne s'agissait que d'une décision provisoire, appelée à être revue à la hausse d'ici mi-mai.

Le président des Etats-Unis avait initialement affirmé souhaiter admettre jusqu'à 60 000 personnes lors de l'année budgétaire en cours (qui s'achèvera en octobre), avant de porter le plafond à 125 000 lors de l'année budgétaire suivante, ce qui constituerait une multiplication par huit par rapport aux chiffres de son prédécesseur républicain.

Temporiser pour «reconstruire» le programme d'admission de migrants

Cette promesse s'inscrit dans une volonté affichée de renouer avec une politique migratoire «humaine», afin de tourner la page des restrictions à l'immigration mise en œuvre lors du mandat de Donald Trump. Mais le gouvernement américain est aussi confronté à une crise à la frontière mexicaine, avec des arrivées par milliers de migrants. L'opposition républicaine accuse Joe Biden d'être responsable d'un «appel d'air». Le président démocrate a donc finalement confirmé le quota fixé par l'ex-président pour cette année, en raison du besoin de «reconstruire» le programme d'admission de migrants, a annoncé le 16 avril son conseiller pour la sécurité nationale Jake Sullivan sur Twitter.

Ce programme ne concerne que des migrants sélectionnés par les agences de sécurité et de renseignement américaines dans les camps de l'ONU à travers le monde pour être réinstallés aux Etats-Unis. Il s'agit essentiellement des individus jugés les plus vulnérables, telles que les personnes âgées, les veuves ou les personnes en situation de handicap.

Le système aurait été laissé par le précédent gouvernement «plus mal en point que [les démocrates] le pensaient» et «nécessitant une remise en ordre majeure pour atteindre les objectifs que [l'administration Biden] a fixés», a expliqué un responsable américain sous couvert d'anonymat. Cela devrait toutefois permettre «d'accueillir beaucoup plus de réfugiés dans les années à venir», a-t-il assuré, sans toutefois entrer dans les détails.

L'objectif de 125 000 migrants admis dès la prochaine année budgétaire – une promesse emblématique du candidat Biden – n'a pas été remis en cause, mais il n'a pas non plus été explicitement réaffirmé ce 16 avril.

Un choix «absolument inacceptable» pour la gauche du parti démocrate

Si plusieurs élus républicains ont salué la décision de Joe Biden, celle-ci a été ouvertement critiquée par de nombreux cadres du parti démocrate.

Le président démocrate de la commission des Affaires étrangères du Sénat Bob Menendez a par exemple jugé que le nombre de 15 000 migrants était «terriblement bas» et déploré que les tergiversations de la Maison Blanche aient contribué à ralentir la remise en marche du système. Dans une lettre au président Biden, il a dit redouter que cette situation l'empêche de tenir ses ambitieux objectifs pour la suite.

D'autres élus démocrates se sont insurgés, à l'instar de la députée de l'aile gauche du parti Alexandria Ocasio-Cortez qui a dénoncé un choix «absolument inacceptable». «Biden a promis d'accueillir les immigrés et les gens ont voté pour lui sur la base de cette promesse. Conserver les politiques xénophobes et racistes de l'administration Trump [...] est tout simplement mal. Tenez votre promesse !», a-t-elle protesté sur Twitter.

La Lutheran Immigration and Refugee Service (LIRS), une organisation impliquée dans l'aide aux migrants aux Etats-Unis, a relevé que seulement 2 000 d'entre eux avaient pour l'heure été accueillis en 2021 dans le cadre de ce programme, déplorant la décision de maintenir le quota «honteux» fixé par Donald Trump.

La porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki a publié un communiqué en forme de réponse aux attaques venues notamment du camp démocrate, reconnaissant que la décision de Joe Biden avait semé «une certaine confusion». «En raison de l'état de délabrement du programme d'admission de réfugiés dont [cette administration a] hérité», «son objectif initial de 62 500 semble hors d'atteinte», a-t-elle affirmé. Mais le «mémorandum» que Joe Biden a signé ce 16 avril vise uniquement à remettre en marche la machine sans tarder, a-t-elle justifié en substance, et l'objectif reste provisoire. «Le président fixera d'ici le 15 mai un quota définitif et revu à la hausse de réfugiés pour le reste de cette année budgétaire», a encore assuré Jen Psaki.

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