Birmanie : au moins dix nouveaux morts dans des manifestations contre le coup d'Etat

Birmanie : au moins dix nouveaux morts dans des manifestations contre le coup d'Etat© Stringer Source: Reuters
Une manifestation contre le coup d'Etat à Mandalay, en Birmanie, le 3 mars 2021.
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Au moins dix personnes sont mortes le 3 mars, après que l'armée a ouvert le feu sur des manifestants. Les ministres des Affaires étrangères de l'Asean appellent de nouveau les militaires à libérer Aung San Suu Kyi.

Au moins dix manifestants auraient été tués et plusieurs blessés par les forces de sécurité le 3 mars en Birmanie, alors que des affrontements ont éclaté dans le cadre de la fronde dans le pays contre le coup d'Etat qui a renversé le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi le 1er février.

A Mandalay, deuxième ville du pays, deux protestataires ont été touchés par des tirs mortels à la tête et à la poitrine, a témoigné auprès de l'AFP un médecin sous couvert d'anonymat, par peur des représailles. A Monywa, au moins sept personnes ont été tuées. Un homme de 20 ans a péri à Myingyan, rapporte l'agence, se basant sur des sources médicales. «Ils ont ouvert le feu avec des balles réelles. Une personnes est morte, c'est un jeune, un adolescent, tué d'une balle dans la tête», a déclaré à Reuters Moe Myint Hein, un étudiant de Myingyan âgé de 25 ans.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux ont montré ce jeune manifestant couvert de sang, transporté loin des barricades par ses amis. Sur d'autres, une série de détonations a été entendue, tandis que des contestataires scandaient : «notre révolte doit réussir». «Les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc, mais aussi des balles réelles», a également relevé auprès de l'AFP un secouriste présent sur les lieux.

La situation a également été très tendue dans la capitale économique, Rangoun, en particulier dans certains quartiers du nord de la ville où un dispensaire a recueilli une vingtaine de blessés. «Certains ont été touchés par des balles en caoutchouc [...] d'autres ont été battus», a détaillé un responsable de l'établissement. 

Des témoignages de la population et des articles de presse font également part de rassemblements dans les Etats Chin, à l'Ouest, Kachin au Nord, Shan au Nord-Est, dans la région centrale de Sagaing et dans la ville méridionale de Dawei, selon Reuters.

La journée du 28 février avait déjà été particulièrement meurtrière avec au moins 18 morts dans les rangs des manifestants, d'après les Nations Unies. Une des victimes a été enterrée ce 3 mars, des centaines de personnes chantant autour de son cercueil couvert de fleurs : «La démocratie est notre cause.» Depuis le coup d'Etat du 1er février, une trentaine de personnes ont été tuées au cours des manifestations, selon un décompte de Reuters.

Le Royaume-Uni a demandé une nouvelle réunion du Conseil de sécurité de l'ONU

Sur le terrain judiciaire, l'ex-président de la République Win Myint, déjà inculpé pour ne pas avoir respecté des restrictions liées au coronavirus, est désormais accusé d'avoir enfreint la Constitution, a indiqué à l'AFP l'avocat Khin Maung Zaw. Aung San Suu Kyi, toujours détenue au secret, est elle visée par quatre chefs d'accusation dont «incitation aux troubles publics».

Six journalistes birmans, dont Thein Zaw, un photographe de l'agence américaine Associated Press, ont été inculpés. Ils sont poursuivis pour avoir «causé la peur parmi la population, répandu de fausses informations [...] ou incité des employés du gouvernement à la désobéissance», d'après leur avocate.

L'armée reste toujours insensible aux condamnations internationales, alors que l'ambassadeur birman aux Nations unies, Kyaw Moe Tun, a rompu de manière spectaculaire avec les généraux putschistes la semaine dernière en appelant à «mettre fin au coup d'Etat». Les ministres des Affaires étrangères de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) ont de nouveau appelé le 2 mars les militaires à la retenue et à libérer Aung San Suu Kyi.

Le Royaume-Uni a demandé une nouvelle réunion du Conseil de sécurité de l'ONU. Ses 15 membres avaient publié une déclaration commune il y a un mois pour souligner leur préoccupation concernant la situation. L'armée, qui conteste le résultat des élections de novembre 2020 remportées massivement par le parti d'Aung San Suu Kyi, a promis la tenue d'un nouveau scrutin.

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