Nucléaire iranien : Téhéran refuse de céder aux exigences de l'Arabie Saoudite

- Avec AFP

Nucléaire iranien : Téhéran refuse de céder aux exigences de l'Arabie Saoudite© ATTA KENARE Source: AFP
Téhéran refuse de céder aux exigences de l'Arabie saoudite qui souhaite être «consulté» avant les éventuelles négociations entre les Etats-Unis et l'Iran au sujet du programme nucléaire iranien.

L'Arabie Saoudite a exigé d'être «consultée» avant les possibles négociations entre les Etats-Unis et l'Iran concernant le programme nucléaire iranien. Une demande qui a provoqué la colère du porte-parole des Affaires étrangères iraniennes.

L'Iran a refusé, le 7 décembre, de céder aux exigences formulées par l'Arabie Saoudite d'être «consultée» avant toute éventuelle négociation entre les Etats-Unis et l'Iran à propos du programme nucléaire iranien.

«S'attarder trop longtemps sur le cas d'un pays médiocre de cette région n'apporte rien», a déclaré Saïd Khatibzadeh, porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, en évoquant l'Arabie Saoudite, lors d'une conférence de presse en ligne, le 7 décembre. 

Droit dans ses bottes, Saïd Khatibzadeh a poursuivi : «chacun est libre de parler, mais eux feraient mieux de ne pas parler de ce qui ne les regarde pas afin de ne pas se mettre dans une position embarrassante».

«Riyad est responsable de nombreux troubles dans le monde arabe, de la guerre et de la famine au Yémen, ainsi que de leurs actions [qui se propagent] de la corne de l'Afrique au sud-est de l'Asie», a-t-il ajouté.  

«Une accumulation de méfiance»

Des déclarations de Téhéran qui font suite aux propos tenus, le 5 décembre, à l'Agence France Presse, par le prince Fayçal ben Farhan Al-Saoud, ministre des Affaires étrangères saoudien. 

«Ce que nous attendons avant tout, c'est que nous [...] et nos autres amis de la région soyons pleinement consultés [...] dans ce qui se passe au sujet des négociations avec l'Iran», avait déclaré le ministre saoudien, en marge d'une conférence sur la sécurité organisée à Manama, au Bahreïn, le 5 décembre. 

«La seule façon de parvenir à un accord durable est de procéder à une telle consultation», a-t-il expliqué, ajoutant craindre «une accumulation de méfiance» si les pays de la région du Golfe venaient à ne pas être impliqués dans la négociation. 

Rivaux à l'échelle régionale, la République islamique d'Iran, chiite, et le royaume sunnite d'Arabie saoudite ont rompu leurs relations diplomatiques en 2016 et s'accusent mutuellement de déstabiliser le Moyen-Orient.

L'accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015 pourrait voler en éclats depuis que le président américain Donald Trump en a retiré son pays en mai 2018, avant de rétablir des sanctions qui ont plongé la République islamique dans une grande récession.

En riposte, l'Iran s'est désengagé à partir de mai 2019 de la plupart de ses engagements clef pris à Vienne.

«Jamais l'Iran [...] ne fera de compromis sur sa sécurité nationale» 

Joe Biden, le candidat démocrate aux élections américaines et possible futur président des Etats-Unis a, quant à lui, dit sa volonté de faire revenir son pays dans l'accord de Vienne. L'exécutif iranien multiplie alors les signaux d'ouverture à l'attention du potentiel futur gouvernement américain. 

Les conditions posées par l'ancien vice-président de Barack Obama pour un tel retour sont néanmoins jugées inacceptables à ce stade par Téhéran.

Alors que Joe Biden et Berlin ont indiqué récemment vouloir de nouvelles discussions avec l'Iran sur ses activités nucléaires ou ses programmes de missiles, Téhéran exclut toute renégociation de l'accord de Vienne.

«Jamais l'Iran ne négociera ni ne fera de compromis sur sa sécurité nationale», a martelé, lors d'une conférence de presse, le 7 décembre, Saïd Khatibzadeh, le porte-parole des Affaires étrangères Iraniennes.

«Nous ne voyons aucun besoin de renégocier [un accord qui] a déjà été couché sur le papier», a-t-il argumenté. 

«L'Europe et l'Allemagne doivent savoir que ce qui n'a pas pu être obtenu par la pression maximale [du gouvernement Trump] ne pourra pas l'être par d'autres moyens», a ajouté le porte-parole iranien. 

Rappelons que l’Allemagne est avec la France et la Grande-Bretagne l'un des trois Etats européens signataires de l'accord de Vienne.

Dans une déclaration conjointe publiée après la conférence de Saïd Khatibzadeh, le 7 décembre, les trois pays ont jugé «contraire» à l'accord de Vienne et «profondément préoccupante» l'annonce récente par l'Iran de «son intention d'installer trois nouvelles cascades de centrifugeuses avancées dans son usine d'enrichissement de l'uranium de Natanz», dans le centre du pays. 

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