Israël annonce avoir bombardé des cibles iraniennes en Syrie, trois militaires tués selon Damas

- Avec AFP

Israël annonce avoir bombardé des cibles iraniennes en Syrie, trois militaires tués selon Damas© Amir COHEN Source: Reuters
Un panneau «Danger, mines» sur le plateau du Golan, à la frontière entre la Syrie et Israël, le 4 août 2020 (image d'illustration).

Après la découverte d'«engins explosifs improvisés» le long de sa frontière de facto avec la Syrie, l'armée israélienne a révélé avoir mené des attaques aériennes contre des objectifs iraniens dans le pays. L'attaque a fait trois morts selon Damas.

Le 18 novembre à l'aube, les forces armées israéliennes ont déclaré avoir bombardé des cibles de la force iranienne Al-Qods en territoire syrien. Tsahal, l'armée de l'Etat hébreu, a commenté sur Twitter : «Ce que l'Iran et la Syrie ont fait : ils ont placé des engins explosifs improvisés près de la ligne Alpha pour frapper les troupes israéliennes. Ce que nous avons fait : nous venons de frapper des cibles de la Force iranienne Qods et des forces armées syriennes en Syrie». 

La Force Al-Qods est une unité d'élite du corps des Gardiens de la révolution islamique en charge des opérations extérieures. Elle était commandée par le général Soleimani avant son assassinat par une frappe américaine sur Badgad en janvier 2020.

Israël a précisé avoir ciblé «des installations de stockage, des quartiers généraux et des complexes militaires». «Des batteries de missiles sol-air syriens ont été touchées», est-il ajouté dans un communiqué. L'agence de presse officielle syrienne Sana a annoncé peu après qu'au moins trois militaires avaient tués dans ces frappes aériennes israéliennes. Citant une source militaire, Sana évoque une «agression aérienne» menée par «l'ennemi sioniste» contre «la région du Sud».

«L'agression a tué trois militaires et blessé un soldat, provoquant des dégâts matériels», poursuit l’agence de presse. La source précise que les batteries de la défense antiaérienne syrienne ont été activées pour contrer les frappes israéliennes, «abattant un certain nombre de missiles». Dans un premier temps, rapportant «des bruits d’explosions», l'agence Sana avait indiqué que la défense antiaérienne affrontait «une agression israélienne dans le ciel de la région de Damas».

Des explosifs «placés par une équipe syrienne menée par des forces iraniennes», selon Israël

Selon Israël, les engins explosifs découverts côté israélien près de la ligne Alpha – la frontière de facto d’Israël avec la Syrie depuis l’annexion du plateau du Golan que l’Etat hébreu occupe depuis la fin de la Guerre des six jours en 1967. Ces explosifs auraient été «placés par une équipe syrienne menée par des forces iraniennes». Israël et la Syrie sont toujours techniquement en guerre mais l'Etat hébreu reconnaît rarement les frappes qu'il effectue, sauf lorsqu'il dit répondre à des attaques spécifiques sur le territoire israélien.

Depuis le déclenchement de la guerre dans ce pays en 2011, Israël a effectué des centaines de frappes aériennes et de missiles sur la Syrie, ciblant les forces iraniennes et les troupes du Hezbollah libanais déployées en territoire syrien, ainsi que les troupes gouvernementales syriennes. Le conflit syrien s'est complexifié au fil des ans, impliquant une multitude de puissances étrangères et de groupes armés. La guerre a fait plus de 380 000 morts et des millions de déplacés.

Israël «considère le régime syrien comme responsable de toutes les actions perpétrées contre son territoire et continuera à opérer lorsque c'est nécessaire contre la présence iranienne en Syrie», a indiqué Tsahal. L’Iran est un allié essentiel du président syrien Bachar al-Assad et l'a soutenu pendant toute la guerre en Syrie. Les frappes du 18 novembre sont intervenues quelques heures avant l'arrivée en Israël du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo pour des entretiens qui devraient notamment porter sur le dossier iranien, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu considérant Donald Trump comme le meilleur allié qu'Israël ait jamais eu à la Maison Blanche.

Le New York Times a par ailleurs affirmé le 16 novembre que Donald Trump avait récemment sondé plusieurs de ses principaux collaborateurs sur la possibilité de mener «dans les prochaines semaines» une action contre un site nucléaire iranien. Selon le journal, ces collaborateurs ont «dissuadé le président d'aller de l'avant avec une frappe militaire».

Donald Trump, qui affirme toujours avoir remporté l'élection présidentielle du 3 novembre, mène depuis longtemps une politique qu'il qualifie de «pression maximale» contre l’Iran. Le président républicain a ainsi retiré les Etats-Unis de l'accord international sur le dossier nucléaire iranien conclu en 2015, l'estimant insuffisant, et a rétabli des sanctions contre Téhéran.

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