Ces démocrates qui veulent punir les partisans de Donald Trump

Ces démocrates qui veulent punir les partisans de Donald Trump© ANDREW KELLY Source: Reuters
Alexandria Ocasio-Cortez votant à New York pour la présidentielle 2020
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Sur Twitter, des personnalités de gauche ont prôné le fichage des messages ou des noms des partisans de Donald Trump remettant en cause la victoire de Joe Biden. Des actions de «name and shame» qui suscitent, aux Etats-Unis, critiques et inquiétudes.

Le 6 novembre, quelques heures à peine avant l'annonce par les médias américains de la victoire de Joe Biden à la présidentielle, la démocrate et membre du Congrès, Alexandria Ocasio-Cortez, a rédigé un tweet qui n'a pas manqué de faire réagir dans le pays. La jeune femme, surnommée «AOC» par les médias américains, que beaucoup imaginent déjà future candidate à  la Maison Blanche, s'interroge sur la nécessité d'archiver les publications de «ces suppôts de Trump, pour le jour où ils essayeront de nier ou minimiser leur complicité dans l'avenir». «Je prévois de probables suppressions de tweets, écrits ou photos», ajoute-t-elle dans la même publication. Son tweet, dont la virulence témoigne de la déchirure qui divise le pays en deux camps, a été amplement relayé. 

L'idée a été rapidement reprise par d'autres responsables politiques et médiatiques, qui appellent même pour certains à interdire les postes de la fonction publique aux soutiens de Donald Trump qui refusent de reconnaître la victoire de Joe Biden. C'est ce que ce que réclame une éditorialiste du très influent Washington Post : «Tout républicain qui promeut aujourd'hui le rejet du résultat d'une élection ou appelle à ne pas suivre le résultat des urnes, ou faisant des allégations non fondées sur des fraudes, ne devrait jamais pouvoir travailler dans l'administration, rejoindre le conseil d'administration d'une entreprise, obtenir un poste de professeur ou être accepté dans une société "saine". Nous avons une liste.» Une prise de position significative,  très éloignée des récents appels à l'unité du discours de victoire de Joe Biden. 

Leurs potentiels employeurs devraient être conscients des conséquences à engager quiconque a assisté Trump dans sa destruction des valeurs américaines.

Un ancien membre de l'équipe de campagne de Barack Obama, Hari Sevugan, est allé encore plus loin, en faisant la promotion sur Twitter du Trump Accountability Project, dont le but avoué de lister les membres actifs qui soutiennent ou financent Donald Trump ainsi que les membres de son administration. Dans son  tweet, il met en garde les employeurs qui accepteraient d'embaucher les membres sur le départ de l'équipe républicaine à la Maison-Blanche : «Leurs potentiels employeurs devraient être conscients des conséquences à engager quiconque a assisté Trump dans sa destruction des valeurs américaines.»

Cette action de «name and shame»,  de plus en plus courante aux Etats-Unis, est cependant réservée habituellement aux responsables d'actes ou propos racistes, sexistes ou encore homophobes. Elle est donc dénoncée par de nombreuses personnalités, tel le journaliste de CNN, Jack Tapper, pour qui ce message est «l'exact opposé du message d'unité» prôné haut et fort par Joe Biden.

Pour Ro Khanna, ancien membre de l'administration Obama, c'est là une pratique «absurde» qui n'aidera pas «à construire une démocratie plurielle.» 

Le Trump accountability project nourrit aussi les débats sur les chaînes d'information de la droite américaine comme Fox News.  

Une indignation qui a atteint même le Congrès américain. La sénatrice républicaine Marsha Blackburn a ainsi condamné dans la chambre haute du Parlement américain la création de «listes d'ennemis» dont les auteurs seraient des opposants au président Trump.

Le contexte dans lequel s'inscrit cette polémique est celui du rejet par Donald Trump et ses partisans de la victoire de Joe Biden telle qu'annoncée par la presse. Le président américain dénonce ce qu'il considère comme «une fraude électorale», liée en particulier au système de vote par correspondance et a promis de batailler en justice contre celle-ci. Le 9 novembre, le procureur général des Etats-Unis, Bill Barr, a donné son feu vert pour l'ouverture d'enquêtes sur d'éventuelles irrégularités lors de cette présidentielle. Ce 13 novembre, plusieurs autorités électorales locales et nationales dont l'agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA) ont déclaré, dans un communiqué commun, qu'il n'existait à ce jour «aucune preuve d'un système de vote ayant effacé, perdu ou changé des bulletins, ou ayant été piraté».

Quoi qu'il en soit, le tweet polémique d'AOC et le Trump accountability project témoignent de la vigueur aux Etats-Unis de «la cancel culture», cette pratique qui vise à évincer du débat public ceux que l'on considère responsable de propos ou d'actions jugés problématiques. Alors que le président Donald Trump revendique encore la victoire, quand l'Amérique semble plus divisée que jamais en deux camps qui s'observent sans plus se comprendre, cette mise à l'index, par certains démocrates, de leurs opposants risque d'embraser toujours plus les passions dans le débat politique américain. 

Benjamin Fayet

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