Guinée: majorité absolue pour le président sortant Alpha Condé, selon des résultats quasi-définitifs

- Avec AFP

Guinée: majorité absolue pour le président sortant Alpha Condé, selon des résultats quasi-définitifs© Luc Gnago Source: Reuters
Le président sortant de Guinée Alpha Condé, le 8 octobre 2015 (image d'illustration).

Sur fond de vives tensions, les résultats préliminaires, mais quasiment complets, de la présidentielle guinéenne publiés par l'organe en charge des élections créditent le sortant Alpha Condé de la majorité absolue dès le premier tour.

Publiés le 22 octobre au soir par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), les résultats quasi-définitifs de la présidentielle guinéenne portent sur 17 circonscriptions de l'intérieur en plus des 30 sur 38 déjà communiquées depuis le 20 octobre. Ils octroient la majorité absolue dès le premier tour au président sortant Alpha Condé. Ces 37 circonscriptions, auxquelles s'ajoutent celles de l'étranger, bien plus réduites, représentent plus de cinq millions des 5,41 millions d'inscrits.

La Céni n'a pas procédé à un cumul et n'a pas déclaré de vainqueur. Mais selon l'addition des résultats des seules circonscriptions de l'intérieur (sans compter le vote de l'étranger), Alpha Condé l'emporte avec plus de 2,4 millions des voix sur environ 3,9 millions de bulletins exprimés, distançant très largement le chef de l'Union des forces démocratiques de Guinée, Cellou Dalein Diallo (environ 1,2 million de suffrages).

Ces résultats interviennent dans un contexte de vives tensions et de contestation de la régularité du scrutin.

L'éventualité d'un troisième mandat consécutif d'Alpha Condé, 82 ans, a en effet provoqué pendant un an une mobilisation au cours de laquelle des dizaines de civils ont été tués, faisant craindre une effusion de violence autour du vote, dans un pays coutumier des confrontations politiques sanglantes.

Ces craintes se sont confirmées après le scrutin, des violences ayant fait une dizaine de morts selon les autorités, au moins 19 selon le candidat Diallo.

Celui-ci, battu par Alpha Condé en 2010 et 2015, a proclamé sa victoire le 19 octobre en invoquant le travail mené par son parti pour faire remonter les données du terrain et pour ne pas s'en remettre aux organes officiels, la Céni et la Cour constitutionnelle, inféodées au pouvoir selon lui. Le camp Diallo, qui revendique 53% des voix, a dénoncé une «fraude à grande échelle» en cours visant selon lui à falsifier les résultats.

Tensions et affrontements depuis le 19 ocotobre

Des affrontements ont eu lieu ces derniers jours à Conakry, dans les quartiers de Cosa, Nongo, Sonfonia ou encore Wanindara, mais aussi en province. Des sources ont fait état auprès de l'AFP de cinq morts supplémentaires à Conakry et en province le 22 octobre, mais sans confirmation des autorités et des hôpitaux dans un contexte de confusion.

«Nous n'avons pas fermé l'œil de la nuit à cause des détonations, des tirs nourris. On a l'impression que nous sommes dans un pays de guerre», a dit à l'AFP un habitant de Sonfonia, Mamadou Moussa Bah.

Les tensions ont été exacerbées par le soupçon de fraude, mais aussi le dispositif policier déployé depuis le 20 octobre autour du domicile de Cellou Dalein Diallo, qui se dit «séquestré», et par une opération de police menée le 21 octobre contre les bureaux de son parti.

Le ministre de la Sécurité, Albert Damantang Camara, a confirmé que les locaux du parti avaient été placés «sous scellés» en vertu d'une procédure judiciaire ouverte pour la diffusion de «messages contraires à l'ordre public et à l'unité nationale».

En province, les villes de Pita, Labé et Mali ont également connu des heurts. «Beaucoup de nos parents sont allés dans les villages, ils ont préféré aller se réfugier là-bas», a dit à l'AFP Marwana Soumanoh, chaudronnier à Pita (centre), accusant les forces de l'ordre d'exactions.

Le ministre des Affaires étrangères Mamadi Touré a rapporté des attaques contre des représentations diplomatiques du pays en Belgique, au Sénégal et à New York. Il a imputé les violences à «l'auto-proclamation d'un candidat».

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