Colère des agriculteurs sud-africains après la mort d'un jeune fermier blanc retrouvé pendu

Colère des agriculteurs sud-africains après la mort d'un jeune fermier blanc retrouvé pendu© Wikus de Wet Source: AFP
Une exploitation agricole près de Bothaville en Afrique du Sud (image d'illustration).

De violentes manifestations ont éclaté à Senekal en Afrique du sud, après le meurtre de Brendin Horner, un jeune fermier blanc dont le corps supplicié et pendu a été retrouvé à proximité de la petite ville de Paul Roux.

C'est le 2 octobre près de Paul Roux (Afrique du Sud) que l'on a retrouvé le corps supplicié et pendu à un poteau du jeune Brendin Horner, âgé de 21 ans, comme le rapporte CNews. Alors que deux suspects comparaissaient devant le tribunal de Senekal (Afrique du Sud) le 6 octobre pour le meurtre de ce jeune fermier blanc, quelque 3 000 manifestants, «pour la plupart des agriculteurs blancs venus de tout le pays» d'après le média, s'étaient réunis pour faire entendre leur colère : «Certains ont essayé de pénétrer dans les cellules où avaient été placés les deux accusés», selon CNews qui relate plusieurs incidents devant l'établissement.

Julius Sello Malema, homme politique  de gauche radicale sud-africain, connu pour ses propos hostiles aux intérêts des Blancs, a relayé la vidéo de l'événement sur Twitter. On y voit la prise d'assaut du bâtiment par les manifestants et on peut y lire ce commentaire de l'élu : «Comme le gouvernement de Cyril Ramaphosa (ANC) a très peur de répondre de manière décisive, nous sommes livrés à nous-mêmes». Une accusation, preuve des tensions raciales qui traversent le pays, qui laisse entendre que le gouvernement sud-africain n'oserait pas agir résolument contre les troubles des fermiers blancs.

Ainsi, toujours le 6 octobre, un véhicule de police a été renversé puis incendié à Senekal, à en croire des photos diffusées par une internaute. «Boers lives matter», peut-on lire sur une pancarte figurant dans l'une d'entre elles, en référence au célèbre «Black lives matter», adapté ici à la cause des paysans blancs du pays.

Ce 10 octobre, une nouvelle manifestation a réuni plusieurs centaines de fermiers dans la capitale Pretoria venus de tout le pays afin d'exprimer leur colère. Kallie Roux, un des organisateurs du mouvement, a déclaré au média local The Citizen que « ces marches allaient se poursuivre». La colère est toujours vive même si la manifestation s'est, cette fois, déroulée pacifiquement comme le montre ce tweet d'un correspondant de l'agence EPA. 

Cet épisode intervient également dans la foulée du meurtre de Chantel Kershaw, «une agricultrice de 44 ans étranglée à mort après avoir été agressée sexuellement», selon le Daily mail qui précise le 5 octobre : «Chantel Kershaw a été attaquée par deux hommes noirs armés alors qu'elle travaillait sa terre à Delmas à l'est de Johannesbourg [le 30 septembre].»

Ainsi que le relève CNews, la question de la répartition des terres agricoles est brûlante dans le pays. «En 1994, l'objectif affiché [par le gouvernement ANC] était de redistribuer 30% des terres agricoles détenues par les Blancs aux Noirs. Selon les statistiques nationales, la minorité blanche, qui représente 9% du pays, détenait pourtant en 2017 72% des terres agricoles», explique encore la chaîne d'information en continu.

En 2018 déjà, la tension était montée d'un cran après que le président sud-africain Cyril Ramaphosa avait exprimé son intention de modifier la Constitution afin d'accélérer l'expropriation sans compensation des terres arables et leur redistribution en faveur de la population noire et défavorisée du pays.

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