Attaque au Niger : Emmanuel Macron et Jean Castex dénoncent un «crime odieux»

- Avec AFP

Attaque au Niger : Emmanuel Macron et Jean Castex dénoncent un «crime odieux»© CHRISTOPHE ENA / POOL / AP / AFP
Emmanuel Macron et Jean Castex, le 14 juillet 2020 (image d'illustration).

Le président de la République et le Premier ministre ont tous deux réagi à la mort de six humanitaires français lors d'une attaque au Niger, promettant de nouvelles mesures pour les Français dans la région.

Un «crime odieux» qui ne restera pas «impuni» : l'exécutif français a réagi le 11 août, à la mort de six jeunes humanitaires français le 9 août dans une attaque au Niger, Emmanuel Macron annonçant que les mesures de sécurité seraient renforcées.

«J’ai décidé de renforcer les mesures de sécurité pour nos ressortissants dans la région», a ainsi déclaré le 11 août sur Twitter le chef de l'Etat à la fin d'un conseil de défense qu'il a présidé en visioconférence depuis le fort de Brégançon, à Borme-les-Mimosas (Var).

Il n'a pas donné de détails sur les mesures qui devraient être mises en place, notamment par le ministère des Affaires étrangères. L'attaque a eu lieu dans la seule zone classée «jaune» – où les déplacements touristiques sont possibles – de ce pays en proie à des violences de groupes djihadistes sahéliens croissantes. Selon le chef de l'Etat, l'attaque était «manifestement terroriste». 

«Nous mettons tout en œuvre pour soutenir les familles des victimes et répondre à l’attaque qui a coûté la vie à six de nos compatriotes et à deux Nigériens», a également assuré Emmanuel Macron. «Membres de l’ONG Acted, ces six jeunes témoignaient d'un engagement remarquable pour les populations», a-t-il enfin ajouté. 

Au Niger, sept personnes – dont six Français – travaillant pour l'ONG Acted (Agence d'aide à la coopération technique et au développement) ont été tuées le 9 août avec leur guide nigérien par des hommes armés à Kouré, à 60 kilomètres au sud-est de Niamey, lors d'une excursion touristique.

Quelque 5 100 militaires français sont déployés au Sahel dans le cadre de l'opération Barkhane pour lutter contre les groupes djihadiste armés, en soutien aux armées des cinq pays de la région, dont le Niger.

Le conseil de défense a examiné «les conséquences militaires» et «l'ensemble des dispositifs [français] dans la région», a fait savoir Emmanuel Macron. «Nous poursuivons l'action pour éradiquer les groupes terroristes avec l'appui renforcé de nos partenaires», a affirmé le chef de l'Etat.

Acted suspend ses activités

Le Premier ministre Jean Castex a également prévenu, lors d'un déplacement à Montpellier le même jour, que «la France veillerait à ne pas laisser impuni ce crime odieux contre nos compatriotes». Il a dénoncé une «attaque d'une extrême violence et d'une lâcheté difficilement descriptible». L'attaque a, selon le chef du gouvernement français, «marqué d'autant plus fortement nos consciences que les victimes sont des personnes civiles, des personnes jeunes, engagées dans l'humanitaire, qui travaillent au service des autres dans un esprit de coopération et de proximité avec les habitants de ce pays».

Une équipe de onze enquêteurs français spécialisés s'est envolée le 11 août pour le Niger dans le cadre d'une demande d'entraide internationale acceptée par les autorités nigériennes, selon l'AFP qui cite des sources policières et judiciaires. Elle est composée de six enquêteurs de la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) et de deux autres de la Sous-direction antiterroriste, accompagnés par trois membres de la police technique scientifique. Le parquet national antiterroriste français avait annoncé le 10 août avoir ouvert une enquête notamment pour «assassinats en relation avec une entreprise terroriste».

Acted a quant à elle annoncé suspendre temporairement ses activités au Niger. «Nous avons besoin d'entendre nos humanitaires au Niger et dans les pays du Sahel, on a besoin qu'ils se parlent et qu'ils nous parlent et nous allons envoyer une délégation du siège», a déclaré son président, Frédéric de Saint-Sernin, sur RFI. «Mais il n'est pas question de quitter le pays, il n'est pas question de quitter la région, nous sommes là pour aider les bénéficiaires», a-t-il ajouté.

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