Deux Nigériens et six Français tués par des hommes armés au Niger

- Avec AFP

Deux Nigériens et six Français tués par des hommes armés au Niger© Joe Penney Source: Reuters
Un soldat nigérien se tient sur un pont enjambant la rivière Komadougou Yobé, à la frontière avec le Nigeria, en 2015 à Diffaz dans le sud-est du pays (image d'illustration).

Six Français et deux Nigériens ont été tués le 9 août par des hommes armés dans la zone de Kouré au Niger. L'Elysée a confirmé que des Français avaient péri, une enquête antiterroriste a été ouverte.

Six Français, dont des salariés de l'ONG française Acted, et deux Nigériens ont été tués le 9 août par des hommes armés venus à motos dans la zone de Kouré au Niger, a appris l'AFP de source officielle nigérienne. Le parquet national antiterroriste a fait savoir qu'il ouvrait une enquête.

«Il y a huit morts : deux Nigériens dont un guide et un chauffeur, les six autres sont des Français», a ainsi déclaré à l'agence le gouverneur de Tillabéri, Tidjani Ibrahim Katiella. «Nous sommes en train de gérer la situation, on donnera plus d'informations après», a également indiqué le gouverneur qui n'a fourni de détails ni sur les circonstances de l'attaque, ni sur l'identité des assaillants.

«L'attaque a eu lieu vers 11h30 [heure locale] à 6 km à l'est de la localité de Kouré» qui se trouve à une heure de route de Niamey sur la route nationale numéro 1, a de son côté expliqué à l'AFP une source proche des services de l'environnement.

La plupart des victimes ont été abattues par balles et une femme qui a réussi à s'enfuir a été rattrapée et égorgée

«La plupart des victimes ont été abattues par balles et une femme qui a réussi à s'enfuir a été rattrapée et égorgée. Sur place, on a trouvé un chargeur vidé de ses cartouches», a relevé cette source. Et d'ajouter : «On ne connaît pas l'identité des assaillants mais ils sont venus à motos à travers la brousse et ont attendu l'arrivée des touristes. Le véhicule emprunté par les touristes appartient à l'ONG Acted».

Dans un communiqué mis en ligne sur son site le 9 août, un porte-parole de l'ONG «confirme la mort de sept de [ses] collègues et de leur guide qui ont été assassinés de manière insensée et lâche par des individus armés [...] le 9 août 2020».

L'ONG a jugé «déplorable» le 10 août, au lendemain de l'attaque, que la communauté internationale ne garantisse pas davantage la sécurité des travailleurs humanitaires déployés dans les pays à risque.

«La communauté internationale [doit réaliser] la contradiction qu'il y a entre nous demander de soutenir ces populations qui vivent de façon dramatique et nous laisser seuls confrontés à une violence où nous sommes devenus les cibles les plus faciles», a déclaré le cofondateur d'Acted Frédéric Roussel lors d'une conférence de presse. L'organisation a précisé que quatre hommes et quatre femmes avaient été tués dans l'attaque. 

Paris confirme des victimes françaises, sans en donner le nombre

Emmanuel Macron a dénoncé dans la soirée du 9 août une «attaque meurtrière qui a lâchement frappé un groupe de travailleurs humanitaires», ajoutant que tous les moyens seraient mis en œuvre pour élucider les circonstances de cet «attentat». Un conseil de défense se tiendra le 11 août dans la matinée «sous l'autorité du président de la République et sur la base des informations qui seront transmises par les autorités nigériennes et françaises», d'après le palais.

Le 10 août, le parquet national antiterroriste a annoncé avoir ouvert une enquête pour «assassinats en relation avec une entreprise terroriste» et «association de malfaiteurs terroriste». L'enquête «a été confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), en co-saisine avec la sous-direction anti-terroriste (SDAT)», a précisé le parquet national antiterroriste dans un communiqué repris par l’AFP, sans confirmer le nombre des victimes françaises.

Le président nigérien, Issoufou Mahamadou, a de son côté réagi sur Twitter : «Je condamne l'attaque terroriste lâche et barbare perpétrée ce dimanche dans la paisible localité de Kouré. En cette circonstance douloureuse pour tous, j'adresse mes sincères condoléances aux familles des victimes nigériennes et françaises.»

Sur le terrain, l'armée nigérienne a quadrillé la zone du crime, une vaste région boisée, survolée par des avions de chasse français. Des agents de la police scientifique ont procédé à des prélèvements.

La région de Tillabéri est une vaste zone instable, selon l'agence. Elle est située dans la zone de «trois frontières» entre Niger, Burkina Faso et Mali, devenue un repaire des djihadistes sahéliens, dont l'Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). La circulation des motos est interdite de jour et de nuit depuis janvier pour tenter de prévenir les déplacements de djihadistes.

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