Jeremy Corbyn n'appuiera jamais sur le bouton nucléaire : sa position divise son parti et l'armée

Jeremy Corbyn n'appuiera jamais sur le bouton nucléaire : sa position divise son parti et l'armée © Toby Melville Source: Reuters
Jeremy Corbyn
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Le chef de file travailliste a réaffirmé son opposition à Trident, le programme de dissuasion nucléaire britannique. Selon le nouveau leader du Labor, les armes nucléaires d'ailleurs «n'ont pas fait de bien aux Etats-Unis lors du 11 septembre».

Jeremy Corbyn n'en a jamais fait mystère : il s'est toujours opposé à la fabrication, et a fortiori à l'utilisation, des armes de destruction massives.

Le chef du Parti travailliste avait précisé, lors d'une déclaration précédente qu'il n'appuierait jamais sur le bouton nucléaire s'il était élu Premier ministre. De même, lors d'un discours remarqué, il a précisé qu'il essaierait d'amener le Parti travailliste à voter contre le renouvellement du programme Trident et de retourner ainsi à la doctrine du désarmement nucléaire.

Dans un entretien à la BBC, Jeremy Corbyn s'est dit conscient des divergences de vue au sein du Labour sur la question de la dissuasion nucléaire. Deux membres influents du parti travailliste, Hillary Benn et Lord Falconer ont déclaré être en faveur du maintien et de la poursuite du programme nucléaire Trident. Le leader travailliste a ainsi fait la proposition d’un vote au sein du Labor sur le programme nucléaire britannique.


Selon le leader travailliste, « Les armes nucléaires sont des armes de destruction massive qui emportent des millions de civils. Ils n'ont pas fait beaucoup de bien aux Etats-Unis le 11 septembre».

Quand on lui a demandé s'il appuierait sur le bouton nucléaire, Jeremy Corbyn a répondu : «Non, 187 pays ne sentent pas la nécessité d'avoir une arme nucléaire pour protéger leur sécurité, pourquoi ces cinq pays en auraient besoin pour eux-mêmes», ajoutant aussi : «Nous ne sommes plus durant la guerre froide, c'est fini depuis longtemps».

En savoir plus : Jeremy Corbyn, «le 11 septembre est une manipulation de l'Occident pour la guerre en Afghanistan»

Ces commentaires ont suscité une bronca dans son cabinet fantôme. Maria Aigle, chargée des questions de défense, a en effet publiquement remis en question sa capacité à être Premier ministre s'il se déclare pas prêt à appuyer sur le bouton nucléaire. 

Il a rejeté les suggestions selon lesquelles il aurait à démissionner de son poste de chef de file du Labour si le parti prenait la décision collective de conserver la force de dissuasion nucléaire : «Nous allons avoir un débat et une discussion sur ce sujet et nous allons trouver une solution à partir de cela».

La position de Jeremy Corbyn sur le nucléaire fait des vagues jusqu'au sein de l'armée. Un général britannique de haut rang en activité a même menacé un futur gouvernement du Parti travailliste dirigé par Jeremy Corbyn d’«action directe» par les forces armées. Dans le Sunday Times, l'officier resté anonyme avait déclaré que si Jeremy Corbyn arrivait au pouvoir, «il y aurait des démissions en masse (...) et on se retrouverait confronté à la perspective réelle (...) d'une mutinerie».

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