Turquie : des mosquées piratées diffusent le chant antifasciste «Bella Ciao»

Turquie : des mosquées piratées diffusent le chant antifasciste «Bella Ciao»© @RiccardoGasco sur Twitter
Vidéo
Une mosquée d'Izmir ayant diffusé le chant anti fasciste Bella Ciao le 20 mai 2020.

A Izmir, des inconnus ont piraté le système d'appel à la prière des mosquées pour diffuser l'hymne italien de résistance «Bella Ciao». Le porte-parole du président turc a affirmé que «les auteurs de cet acte répugnant ser[aient] retrouvés.»

Les habitants d'Izmir ont eu droit à une surprise à l'heure de la prière, dans l'après-midi du 20 mai. Les paroles du chant italien Bella Ciao ont jailli des haut-parleurs des minarets dans plusieurs mosquées de la ville balnéaire. Cette chanson d'engagement contre le fascisme est devenue le symbole des militants contre l'oppression politique.

De facétieux inconnus ont piraté le système d'appel à la prière des mosquées de la ville pour faire entendre leur opposition au gouvernement. La ville d'Izmir – troisième métropole de Turquie avec 4,3 millions d'habitants – constitue un bastion de l'opposition au président Recep Tayyip Erdogan, fondateur du parti islamo-conservateur AKP.

La version de Bella Ciao diffusée était celle du groupe contestataire turc Grup Yorum, dont les membres font l'objet de pressions, de nombreuses perquisitions, et sont interdits de concerts depuis 2016. Ses musiciens, harcelés et fréquemment emprisonnés en Turquie, ont entamé une grève de la faim qui a déjà été fatale à deux de ses membres. La chanteuse Helin Bölek a ainsi succombé au 291e jour de privation de nourriture le 3 avril, suivie par le bassiste Ibrahim Gökçek, le 8 mai, après 321 jours de privation de nourriture.

Le 21 mai, les pirates ont diffusé une autre chanson, Yuh Yuh (la huée), de la chanteuse militante Selda Bagçan.

L'artiste de 71 ans a toutefois condamné cet acte provocateur par voie de tweet.

Colère du porte-parole du président turc

La direction locale de l'Autorité des affaires religieuses, la Diyanet, a confirmé l'incident, lancé une enquête et porté plainte auprès de la police. Le parquet d'Izmir a ouvert une enquête et cible également les utilisateurs des réseaux sociaux qui ont loué l'initiative du piratage. Ainsi, l'opposante Banu Ozdemir, figure du Parti républicain du peuple (social-démocrate), a été arrêtée puis entendue par la justice ce 22 mai pour avoir partagé la vidéo sur son compte Twitter.

Omer Celik, le porte-parole de l'AKP, a «vigoureusement condamné» l'acte des pirates, et écrit sur Twitter que «les auteurs de cet acte répugnant ser[aient] retrouvés».

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»