Irak, Libye, Syrie et «la plus forte armée du monde» : Barack Obama à l’Assemblée générale de l’ONU

Le président des Etats-Unis prend la parole lors de la 70ème session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, pour évoquer la lutte contre la menace terroriste et la coopération internationale.

«Il y a ceux qui disent que les Etats plus forts doivent s’imposer face aux Etats les moins forts. Certains pays s’imposent d’une façon qui contredit le droit international», c’est de cette façon que Barack Obama a entamé son discours devant les Nations Unies.

En attirant l’attention des membres de l’Assemblée générale aux conflits qui secouent le Moyen-Orient et l’Afrique, le président américain s’est penché sur le rôle des Etats-Unis dans leur résolution.

«Je mène l’armée la plus forte que le monde a jamais vu, et je n’hésiterai pas à protéger nos alliés par tous les moyens nécessaires, y compris unilatéralement», a martelé Obama, en soulignant toutefois que «les Etats-Unis ne peuvent pas résoudre les problèmes à eux seuls».

Les campagnes des Etats-Unis, une repentance ?

«En Irak, les Etats-Unis ont montré que même des centaines de milliers de courageux soldats et des milliards de dollars de budget ne peuvent apporter la paix dans un pays étranger», a admis Obama, en soulignant encore une fois la puissance militaire de son pays.

L’engagement militaire de la nation américaine à travers le monde et les possibles erreurs commises sur cette voie dangereuse ont été au centre du discours du dirigeant américain, qui a aussi évoqué les conflits en Lybie et en Syrie.

«Les Etats-Unis rempliront toujours leurs engagements internationaux, comme on peut le voir avec l’exemple de la Libye. Nous avons rejoint la coalition des Nations Unies pour prévenir les massacres, mais notre coalition aurait dû faire plus pour remplir le vide qui a été créé», a avoué le président.

La coopération internationale est également au cœur de la solution de la crise en Syrie, d’après Barack Obama, qui a souligné que pour combattre les groupes terroristes, il était prêt à collaborer avec l’Iran et la Syrie, qu’il a antérieurement qualifié de «vieux opposants».

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Cependant, le président américain est resté intransigeant quant au sort de Bachar el-Assad, malgré le récent glissement de positions de plusieurs de ses partenaires occidentaux.

«Il ne peut pas être question du retour au statu quo de l’avant-guerre après de telles violences», a noté Barack Obama, avant de noter toutefois que «la force militaire est nécessaire, mais n’est pas suffisante pour l’atteinte d’une solution en Syrie».

La lutte contre Daesh, cette «secte apocalyptique»

En évoquant la crise qui secoue la Syrie, le dirigeant américain n’a pas pu contourner la question de l’expansion du groupe extrémiste Etat islamique. «Les Etats-Unis ne s’excusent pas d’avoir employé la force dans le cadre d’une coalition plus large pour les combattre», a souligné fermement Barack Obama, en admettant néanmoins quelques phrases plus tard que «Daesh dépend de la guerre perpétuelle pour survivre».

«Il n’y a pas de place pour accueillir [sur Terre] une secte apocalyptique comme Daesh», a ajouté le président.

«Quand des médias libres peuvent informer le public, les abus peuvent être éliminés»

En abordant la question de la démocratie, Barack Obama a souligné que c’est «une lutte pour permettre à plus de gens de s’exprimer qui a permis [aux Etats-Unis] de devenir la nation la plus forte du monde».

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«Quand l’opposition cherche le pouvoir de façon pacifique, (…) le pays se redessine à partir de nouvelles idées. Quand des médias libres peuvent informer le public, la corruption et les abus sont exposés et peuvent être éliminés», a estimé le président.

D’après Obama, la force des Etats-Unis réside dans le pouvoir de son peuple de chérir son identité «sans offenser les autres». «Nous pouvons être patriotes sans diaboliser quelqu’un d’autre», a expliqué le président américain.

«Nous voulons d’une Russie forte qui collaborera avec nous»

La crise ukrainienne n’a pas, bien évidemment, été ignorée du dirigeant des Etats-Unis, proche allié de Kiev. En réitérant l’appel à la solution diplomatique du conflit dans le pays, Barack Obama a noté que malgré la vision de «certains politiques américains», les sanctions imposées contre la Russie ne traduisent pas «le désir de revenir vers la guerre froide».

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«Nous ne voulons pas isoler la Russie. Nous voulons  une Russie forte qui souhaite travailler avec nous pour renforcer le système international», a déclaré le dirigeant devant les membres de l’Assemblée.

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Alors que l’homologue russe de Barack Obama, le président Vladimir Poutine est aussi intervenu depuis la même tribune, une rencontre entre les deux dirigeants est prévue ce lundi à New York.

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