Mais au fait pourquoi Vladimir Poutine se rend-t-il à l'Assemblée Générale de l'ONU ?

Source: RIA NOVOSTI

Pour les spécialistes, le retour du chef de l'Etat russe aux Nations-Unies, après 10 ans d'absence, est l'occasion pour la Russie d'exposer sa vision de la crise syrienne et de rappeler qu'il faut aussi compter avec elle. Décryptage.

Vladimir Poutine n'a pas mis les pieds aux Etats-Unis depuis 2007, et voilà bientôt 10 ans qu'il a déserté les bancs des Nations-Unies. Pourtant ce lundi 28 septembre, le chef de l'Etat russe sera à la tribune de l'ONU où il tiendra un discours, qui pour certains, devrait faire date. Cette allocution devrait aborder la crise syrienne, détaillent les experts interviewés par RT, et marquer le grand retour de la Russie sur le devant de la scène. Deux bonnes raisons pour Vladimir Poutine de faire le déplacement.

Pour cette 70ème session de l'Assemblée générale des Nations-Unies, plus de 160 orateurs sont attendus au micro. Mais pour tous, l'un des temps forts sera la prise de parole de Vladimir Poutine, notamment sur la Syrie. 

Une fenêtre d'opportunité...à ne pas rater !

«La Russie dit depuis 2011 qu'on ne peut régler la crise syrienne sans une coalition représentative de tous les acteurs, y compris le gouvernement syrien légitime. Ce qui est intéressant ici c'est que les Russes n'ont jamais changé leur position d'une seule virgule et là, il se trouve que certains facteurs sur le terrain conduisent à ce que la Russie soit en position de force», détaille le chercheur spécialiste de la Syrie, au sein de l'Equipe Monde Arabe Méditerranée de l'Université François Rabelais de Tours, Frédéric Pichon, avant de poursuivre «car les occidentaux n'ont aucune vision, aucun "plan B" et que eux-mêmes sont désormais menacés par le terrorisme ou la crise des réfugiés».

Pour ce chercheur, Vladimir Poutine attendait ce moment depuis longtemps, il profite donc naturellement de cette «fenêtre d'opportunité» pour pouvoir enfin exposer sa vision sur la résolution de la crise. Même constat pour Jean-Claude Allard, directeur de recherche à l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) pour qui «[Vladimir Poutine] y va parce qu'il pense qu'il peut jouer un rôle important en Syrie et qu'il entend bien le montrer...il s'est aussi rendu compte que la communauté internationale était bien embarrassée avec ce problème».

Vers une détente des relations Est-Ouest ?

Ce qui fait d'ailleurs dire au député des Yvelines, Jacques Myard, que «cette prise de parole face à la communauté internationale est un acte très important. C'est ici la volonté de Moscou de dire qu'il faut maintenant compter avec la russie». D'ailleurs pour le spécialiste des grandes économies émergentes, Jean-Joseph Boillot, ne pas se rendre à ce grand raout international, en pleine crise mondiale, aurait été une grave erreur de la part de Vladimir Poutine. «Soit je me considère comme un grand dirigeant du monde et j'y vais... soit je n'y vais pas mais je m'isole. Son choix n'était pas très compliqué, il fallait s'y rendre», analyse l'économiste.

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Ce dernier voit d'ailleurs dans cette visite du chef de l'Etat russe, qui doit également s'entretenir en privé avec Barack Obama, de «tournant». «Cela va probablement permettre de sortir d'un affrontement Est-Ouest tel qu'on le sentait ces dernières années. Il faut apprendre à composer avec la Russie de Monsieur Poutine telle qu'elle est et non, telle que l'occident voudrait qu'elle soit», explique Jean-Joseph Boillot.

Russie-Etats-Unis : un retour gagnant-gagnant !

Quant aux occidentaux, que peuvent-ils attendre, eux, de ce discours de Vladimir Poutine ? Pour Jean-Claude Allard, essentiellement des «explications et des clarifications», notamment «sur le déploiement militaire de la Russie en syrie». Le député Jacques Myard estime que la question de la crise ukrainienne pourrait être également abordée par le président russe dans son discours, tout comme «une prise de position sur la question du réchauffement climatique».

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Dans tous les cas, pour le chercheur de l'IRIS, Jean-Claude Allard, s'il demeure une certaine «méfiance des Etats-Unis et d'Obama» quant aux positions russes, ces derniers ne sont «pas si mécontents de voir émerger un nouvel acteur dans la lutte contre Daesh... même si officiellement l'alliance ne se fait pas».

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