En Australie, un kit de sensibilisation fait le lien entre musique alternative et Djihad

les amateurs de métal seraient-ils de potentiels djihadistes ?© wikipedia
les amateurs de métal seraient-ils de potentiels djihadistes ?

Une brochure lancée récemment fait le lien entre activisme de gauche, musique alternative et terrorisme. De nombreux élus et activistes sociaux dénoncent un document «fouilli» truffé de clichés et très éloigné de la réalité quotidienne.

L'initiative est venue de l'adjoint du Premier ministre australien chargé du terrorisme, Michael Keenan, qui a décidé du lancement de ce livret de 32 pages en début de semaine.

A travers une série d'exemples et d'études de cas fictifs, la brochure vise à illustrer les circonstances qui peuvent conduire les jeunes à se radicaliser. 

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Mais un exemple surprenant évoque notamment l'influence que la scène musicale alternative aurait sur les jeunes dans leur processus de radicalisation.  

Ainsi, une histoire étonne particulièrement. Celle de Karen, une étudiante politiquement engagée dans l'activisme de gauche écologiste et impliquée dans la scène alternative qui, de fil en aiguille, finit par la faire quitter le domicile familial pour saboter des exploitations forestières avant d'être arrêtée à plusieurs reprises. 

Pour Jonathan La Nauze de l'Australian Conservation Foundation, un organisme écologiste, cet exemple semble «tout droit sorti de l'imagination de quelques personnes de l'Institut des affaires publiques avachies dans un salon en fumant le cigare».

Pour lui, ce livret donne une image «trompeuse», «très décevante», «potentiellement dangereuse» et «très éloignée de la réalité».

Critiqué pour sa brochure «fouillis», Michael Keenan s'est défendu en avançant que le processus de radicalisation pouvait se manifester sous plusieurs formes, avant d'insister sur la diversité des techniques de Daesh pour embrigader les jeunes tentés par l'activisme et présentant un comportement marginal.

Keenan assure que l'objectif premier du projet est d'«aider les enseignants à comprendre le fonctionnement du processus de radicalisation», afin qu'ils puissent réagir si quelqu'un dans leur communauté semble être un sujet sensible.

Maurie Mulheron, le président de la Fédération des enseignants des Nouvelles Galles du Sud a également fortement critiqué le lancement de ce kit, le décrivant comme un exercice «cynique destiné à générer la peur et la division au sein de la communauté».

Selon lui, les enseignants sont déjà très bien formés pour savoir quand les élèves présentent le risque d'être radicalisés, et que ce kit n'est qu'un «énorme gaspillage de temps et d'argent».

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