Rien ne va plus pour Volkswagen: après le trucage de ses moteurs, la torture au Brésil

© Ralph Orlowski Source: Reuters

Le groupe automobile allemand, dans la tourmente depuis la révélation de l'existence en son sein d'un système de fraude aux tests antipollution, doit faire face à de terribles accusations au Brésil. Volkswagen aurait collaboré avec la dictature.

La plainte a été déposée mardi 22 septembre à Sao Paulo. Elle émane d'anciens travailleurs et de militants. Ces derniers accusent la firme automobile d'avoir permis -et organisé- la torture et la persécution des opposants sous la dictature militaire entre 1964 et 1985.

«Les documents que nous avons contre elle [l'entreprise] sont dévastateurs, dans le sens où (Volkswagen) a permis l'existence d'un Etat policier à l'intérieur de l'entreprise et des arrestations directement aux postes de travail» a expliqué à l'AFP, Sebastiao Neto, l'un des responsables du Forum des travailleurs pour la vérité, la justice et la réparation à l'origine de cette procédure, avant de poursuivre: «Volkswagen n'a pas été l'unique entreprise impliquée, mais elle a eu un rôle de gestion à Sao Paulo et elle a même coordonné les autres».

Selon une avocate qui représente plusieurs victimes du groupe automobile «des employés de Volkswagen ont été victimes de torture et de détention illégale, d'autres ont été mis au chômage et placés sur des "listes noires", surveillés illégalement». C'est le cas de Lucio Bellentani. Âgé de 28 ans à l'époque et militant communiste, Lucio a raconté à l'AFP son calvaire: «ils m'ont emmené, menotté, au département du personnel et là ils ont commencé à me torturer». Le jeune a ensuite été transféré dans un centre de détention et retenu pendant une année avant d'être enfin jugé.

La plainte déposée mardi 22 septembre concerne 12 ex-employés, comme Lucio, arrêtés et torturés dans l'usine de Volkswagen de Sao Bernardo do Campo, près de Sao Paulo, ainsi que des dizaines de personnes placées sur «liste noire» qui réclament des dommages et intérêts collectifs au groupe automobile allemand. Cette action judiciaire est soutenue par des avocats qui ont participé à la Commission nationale de la vérité, mise en place en 2012 par la présidente de gauche Dilma Rousseff pour enquêter sur les crimes de la dictature militaire.

Une plainte qui ne devrait pas faire les affaires de la marque. Implantée dans le pays depuis le début des années 50, sous le nom de Volkswagen do Brasil, l'entreprise jouit là-bas d'un certain prestige, la «VW GOL» caracolant par exemple en tête des ventes depuis 1987 ! Par ailleurs, en début de semaine, la marque a été éclaboussée par un scandale mondial concernant ses moteurs diesel. La firme a en effet été obligée d'admettre que 11 millions de ses véhicules sur la planète étaient équipés d'un logiciel de trucage aux tests antipollution. Mauvaise semaine. 

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