Atteinte aux libertés individuelles : Facebook, NSA, même combat

© Dado Ruvic Source: Reuters

Facebook, accusé de violer la vie privée des internautes, espionne les Européens de la même manière que la NSA, a déclaré un avocat représentant les autorités belges de protection des données lors d’une audience lundi.

Lorsqu’il s’est avéré que la NSA espionnait les gens à travers la planète, tout le monde s’est senti trahi. Cet acteur [Facebook] fait exactement la même chose, mais d’une autre façon», a fait savoir Frederic Debussere, l’avocat qui représentait la Commission belge de la protection de la vie privée (CPVP) durant le procès.

L’autorité belge a porté plainte contre le réseau social, à qui elle reproche d’enfreindre la loi de l’Union européenne et de tracer illégalement les internautes. Au mois de mars, la CPVP a diffusé un rapport affirmant que Facebook trace tout le monde, même les utilisateurs qui sont déconnectés ou qui n’ont pas de compte, via les modules sociaux, ces petits programmes aux couleurs de Facebook qui permettent par exemple de mettre «j’aime», laisser un commentaire ou partager un article publié sur un site d'information.

C’est possible, a expliqué le rapport parce que les cookies s’installent automatiquement sur les ordinateurs des internautes chaque fois qu’ils visitent un page contenant un plug-in, tel qu’un bouton «j’aime».

D’après les lois de l’Union européenne, les sites doivent demander la permission aux internautes avant d’installer ces modules. C’est pourquoi, la politique de Facebook est considérée comme une «violation de la loi européenne» par la CPVP qui menace maintenant le réseau d’une amende journalière de 250 000 euros.

«Ne soyez pas intimidés par Facebook. Ils vont prétendre que nos exigences ne peuvent pas être appliquées seulement en Belgique. Nos demandes peuvent tout à fait s’appliquer à un pays unique», a précisé Frederic Debussere.

Facebook nie toute culpabilité

Le réseau social, à son tour, dément toute accusation et affirme que ces pratiques sont conformes à la loi de l’UE et accuse l’autorité belge d’avoir présenté de faux rapports.
«Nous allons montrer comment cette technologie protège les gens des spams, des malwares et d’autres attaques, et que nos pratiques sont conformes à la loi de l’UE et des sites les plus visités de la Belgique, a annoncé un porte-parole de Facebook, cité par the Guardian.

Répondant aux questions concernant la politique de la compagnie en matière de cookies, le représentant de Facebook Paul Lefebvre a signalé qu’«ils permettaient à Facebook Irlande d’identifier des tentatives mal intentionnées d’acquérir l’accès via le navigateur utilisé», ajoutant que si la Belgique impose l’interdiction aux activités de Facebook, le pays «deviendra un berceau du piratage informatique».

De plus, Facebook rejette l’idée d’être tenu pour responsable en Belgique puisque le quartier général européen de la compagnie se trouve à Dublin et ses activités sont surveillées par l’autorité locale de protection des données.

L’affaire est pour le moment étroitement surveillée par les systèmes de protection de la vie privée de tous les pays membres de l’UE, y compris celui des Pays-Bas qui a aussi commencé à mettre en doute les activités de Facebook et sa politique de confidentialité.

En savoir plus : La manie des USA et de la NSA de surveiller leurs alliés continue

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