Les interprètes afghans de l’OTAN ont l’impression d’avoir été abandonnés aux Talibans

Capture d'écran de la vidéo de RT
Capture d'écran de la vidéo de RT

D’anciens interprètes afghans de l’OTAN qui ont travaillé pour l’Alliance lors de la campagne contre les Talibans se sentent abandonnés par leur ancien employeur et d’être à leur merci.

«Ils m’appellent l’espion des infidèles». C’est ce que déclare un ancien interprète de l’OTAN en Afghanistan et ils sont au total près de 600 dans son cas aujourd’hui, à être menacés par les Talibans et à vivre constamment dans la crainte.

Deux d’entre eux, des hommes, ont fait part de leur histoire à RT. Leurs visages, noms et l’endroit où ils vivent ne peuvent être divulgués pour des raisons de sécurité.

«J’ai été avec l’OTAN dans différentes parties de ses opérations, plus particulièrement lors de la formation [de ses hommes] et des patrouilles de sécurité. Après 2013, moment où j’ai quitté l’OTAN, les Talibans sont venus me menacer dans ma propre province avec des lettres et des coups téléphones», a confié l’un d’eux à RT.

«Ils disent que je suis un espion pour les infidèles, et quand ils m’attraperont, ils me tueront», a-t-il expliqué en ajoutant que les Talibans faisaient tout ce qu’ils voulaient et qu’ils avaient même détruit sa maison dans la province de Ghazni.

L’homme a demandé l’aide de l’OTAN, en espérant que sa requête ne resterait pas lettre morte. «Mais il devient évident qu’ils ne se soucient pas du travail que nous avons fait pour eux», a-t-il ajouté.

Lors de l’examen de cas similaires par le passé, l’OTAN avait déclaré qu’elle ne pouvait pas octroyer de visas, parce que cela dépendait des Etats-membres de l’Alliance compte tenu des lois et des procédures nationales.

L’un des interprètes a travaillé pour les troupes britanniques et depuis lors, pour les Talibans, c’est «un espion britanniques» qui travaillait pour les non-musulmans. Les islamistes affirment que son meurtre servira d’exemple pour d’autres.

Cet homme estime que le système d’asile britannique est «cassé et mal conçu». Seuls 31 anciens interprètes sur les 600 interprètes éligibles ont obtenu le droit d’asile de la part des autorités britanniques.

En savoir plus : Quand l'armée française oublie ses interprètes, menacés de mort, en Afghanistan


En ce qui le concerne, l’interprète a fait trois demandes auprès de l’OTAN pour qu’elle se penche sur son affaire. En cas de refus, il n’aura pas d’autre choix que trouver un moyen illégal de partir pour la Grande-Bretagne et de «vivre en paix enfin». Pour le moment, il ne peut pas gagner de l’argent pour nourrir sa famille.

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